De plus en plus de voix brisent le silence
Israël: Sa politique d’expansion coloniale clouée au pilori
Jérusalem, 11 mars 2009 (Apic) Le gouvernement israélien et sa politique colonialiste sont une nouvelle fois épinglés, dans un rapport confidentiel de l’Union européenne que divulgue le quotidien anglais Guardian». Israël: Sa politique d’expansion coloniale clouée au pilori, y compris Stéphane Hessel, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui lance l’idée d’un «Tribunal Russell» pour la Palestine comme il y en a eu un pour le Vietnam.
«Le gouvernement israélien utilise l’expansion des colonies, la démolition des habitations (palestiniennes, ndlr) et le mur de séparation qui isole la Cisjordanie comme autant de moyens pour poursuivre l’annexion illégale de Jérusalem-Est», affirme le rapport confidentiel de l’UE obtenu et divulgué par le Guardian.
Les politiques israéliennes à l’intérieur et dans les environs de Jérusalem constituent depuis longtemps un des principaux obstacles au processus de paix au Moyen-Orient; le document européen, rédigé en décembre dernier, dénonce explicitement une politique de démolitions «illégales du point de vue du droit international et qui comportent de graves conséquences sur le plan humanitaire en plus de contribuer à la diffusion de sentiments extrémistes».
Le document souligne le fait que même si les palestiniens représentent plus de 34% de la population de la partie orientale de la ville, seulement entre 5 et 10% des fonds municipaux sont utilisés dans les zones où ils vivent, les privant donc de services et d’infrastructures.
«Les Israéliens accordent environ 200 permis de construire par an et par conséquent de nombreuses habitations sont construites sans autorisation», ajoute l’étude de l’UE, d’après qui Israël «viole ainsi la quatrième Convention de Genève qui interdit à une puissance occupante d’appliquer sa propre juridiction aux territoires occupés».
Les conclusions du rapport, rejetées par Israël, ont été diffusées au lendemain de la visite au Moyen-Orient de la secrétaire d’état américaine Hillary Clinton, qui avait déclaré que les démolitions de maisons des palestiniens «ne sont d’aucune aide au processus de paix»; peu avant sa visite, deux maisons avaient été abattues à Jérusalem et 88 autres sont sur le point de l’être dans le quartier al Bustan de Silwan.
«Si ces démolitions sont effectivement accomplies, il s’agira du plus grand projet de destructions depuis l’occupation israélienne en 1967, de plus dans une zone symbolique et historique de Jérusalem-Est, à moins de 400 mètres de la musqué d’Al-Aqsa et du Mur des Lamentations», délpore Luisa Morgantini, vice-présidente du Parlement européen. En marge de cette situation s’ajoute le fait qu’Israël est à court de matériaux de construction et que d’ici 10 ans, selon une étude du gouvernement de Tel-Aviv, elle pourrait ne plus avoir de briques.
«Pour remédier à ce problème, durant la nuit les constructeurs israéliens transfèrent des ressources naturelles de Cisjordanie en leur faveur et cela est totalement interdit non seulement par le droit international mais aussi par la Cour suprême israélienne», affirme le groupe israélien de défense des droits de l’homme, Yesh Din, qui a porté le cas devant un tribunal et propose une pétition pour qu’Israël interrompe ces activités en Cisjordanie.
Selon l’organisation, environ 10 millions de tonnes sur un total de 44 millions de matériel de construction extraits des carrières présentes en territoire palestinien est utilisé à hauteur d’un quart par Israël.
La politique d’Israël est de plus en plus vertement critiquée. Les résolutions de l’ONU restent lettres mortes pour les dirigeants politiques de ce pays. Dans un article paru mardi dans le quotidien «Le Temps», Stéphane Hessel, ancien résistant et détenu de Buchenwald, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, estime qu’Israël «ne doit pas bénéficier d’une totale impunité». D’origine juive et à moitié protestante, ainsi que le relève «Le Temps», il se place sur le plan moral pour dénoncer les violences israéliennes à l’égard des Palestiniens.
Surtout, Stéphane Hessel lance l’idée d’un «Tribunal Russell» pour la Palestine comme il y en a eu un pour le Vietnam, avec l’espoir de faire pression sur Israël et la communauté internationale.
Rappelons que près de 400 ONG ou organisations ont d’ores et déjà porté plainte contre Israël pour son action guerrière à Gaza. (apic/misna/lt/pr)




