Message de Benoît XVI au corps diplomatique

Cameroun: Les Africains doivent être les premiers acteurs de leur développement

De notre envoyé spécial en Angola, Antoine-Marie Izoard, I.Media

Yaoundé, 22 mars 2009 (Apic) Benoît XVI a exhorté la communauté internationale à ne pas élaborer des plans et des solutions pour l’Afrique sans y associer les Africains eux-mêmes, au palais présidentiel de Luanda (Angola). Rencontrant vendredi 20 mars les autorités angolaises ainsi que le corps diplomatique accrédité à Luanda, le pape a aussi souhaité que les plans d’aide à l’Afrique ne figurent pas parmi les «victimes» de la crise économique. Il a également dénoncé les politiques sanitaires qui font de l’avortement une question de santé reproductive.

Dans le salon d’honneur du Palais de l’Unité, à Luanda, le pape a indiqué que «le développement économique et social en Afrique requiert la coordination des actions gouvernementales nationales avec les initiatives régionales et avec les décisions internationales». «Une telle coordination, suppose que les nations africaines ne soient pas seulement considérées comme les destinataires des plans et des solutions élaborées par d’autres», a alors expliqué Benoît XVI. «Les Africains eux-mêmes, a-t-il encore précisé, (…) doivent être les premiers acteurs de leur développement».

Après avoir salué plusieurs initiatives comme le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ou le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands lacs, Benoît XVI a vu comme une «urgence décisive» le besoin que la «communauté internationale» coordonne ses «efforts pour affronter la question du changement climatique».

Le pape a présenté comme une autre urgence «l’entière et juste réalisation des engagements pour le développement indiqués par le ’Doha round’, ainsi que la promesse des pays développés, faite à plusieurs reprises, de consacrer 0,7 % de leur PIB (Produit intérieur brut) à l’aide officielle au développement». Benoît XVI a jugé cette assistance «encore plus nécessaire aujourd’hui avec la tempête financière mondiale» et a souhaité qu’elle ne soit pas «une autre de ses victimes».

Discriminations et avortements

Après avoir énuméré les «nombreuses pressions» que subissent les familles, le pape a dénoncé «le joug opprimant des discriminations qui pèsent sur les femmes et les jeunes filles». Le pape a ensuite souhaité mentionner «un autre grave sujet de préoccupation» en déplorant «les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser ’l’édifice social’, en menacent les fondements mêmes».

Benoît XVI a alors jugé «amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang de la santé des ’mamans’ !» «La thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive», a encore insisté le pape, est «déconcertante».

A Luanda, le pape a en outre salué un «Angola qui se relève» après près de 27 années d’une guerre civile qui s’est achevée en 2002. Aux diplomates, il a aussi confié qu’ils pouvaient, «avec un coeur intègre, magnanime et plein de compassion», «transformer ce continent». Il les a appelés à «libérer (leur) peuple du fléau de l’avidité, de la violence et du désordre».

Devant le corps diplomatique, Benoît XVI a alors énuméré les «principes indispensables à toute démocratie civile moderne : le respect et la promotion des droits de l’homme, un gouvernement transparent, une magistrature indépendante, des moyens de communication sociale libres, une administration publique honnête, un réseau d’écoles et d’hôpitaux fonctionnant de façon adéquate, et la ferme détermination, basée sur la conversion des coeurs, d’éradiquer une fois pour toutes la corruption».

Peu avant, le président de la République angolaise José Eduardo Dos Santos avait reçu le pape dans son bureau pour un échange privé en compagnie du Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone. Benoît XVI s’était ensuite prêté à la séance de photos officielles avec le chef d’Etat angolais et sa famille, avant le traditionnel échange de cadeaux. (apic/imedia/ami/pr)

22 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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