Treize oeuvres d’entraide internationales expulsées du Darfour

Afrique: Les Eglises de la CETA exigent que le Soudan laisse opérer les agences d’entraide

Nairobi, 27 mars 2009 (Apic) Les responsables de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) ont demandé au gouvernement soudanais de «permettre la poursuite des opérations d’aide humanitaire» dans le pays, suite à l’expulsion de 13 agences d’entraide internationales de la province occidentale du Darfour, en proie à des troubles.

«Nous sommes profondément préoccupés par les conséquences de l’expulsion récente d’organisations d’entraide humanitaire du Darfour, des organisations qui ont permis de sauver des vies parmi les populations du Soudan», a indiqué le Comité général de l’organisation dans une déclaration du 26 mars, reprise par l’agence oecuménique ENI.

Le président soudanais Omar Hassan el-Béchir a ordonné à ces agences de quitter le pays après que la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye eut lancé un mandat d’arrêt contre lui pour crimes contre l’humanité au Darfour, où les janjawids – milices arabes progouvernementales – commettraient des atrocités. Le Soudan affirme, sans toutefois fournir de preuves, que certaines des agences humanitaires ont causé un tort à la sécurité du pays en transmettant des informations à la CPI, a indiqué l’Agence France-Presse.

Près de 300’000 personnes ont péri au Darfour depuis 2003

La CETA a appelé le Soudan à «permettre la poursuite des opérations d’aide humanitaire afin de pouvoir atteindre toutes les personnes souffrantes au Darfour et la communauté internationale à invoquer toutes les ressources nécessaires». L’ONU estime que depuis 2003, près de 300’000 personnes ont péri au Darfour, une région de la taille de France, rappelle l’agence ENI.

La CETA a exhorté le gouvernement soudanais à «assumer entièrement sa responsabilité de protéger ses citoyens, quelles que soient leurs origines, leurs religions ou leurs affiliations politiques, et appelle également toutes les parties au conflit au Darfour à s’abstenir de recourir à une forme de violence quelconque et à respecter les droits de la personne et la dignité de tous les citoyens du Soudan.»

Les Eglises africaines se sont déclarées préoccupées par le fait que le mandat d’arrêt entrave un peu plus la mise en oeuvre d’un accord de paix, conclu en 2005, qui mettait fin à une guerre civile de deux décennie dans le sud du Soudan. Ce conflit opposait le gouvernement du nord – principalement musulman – à la population du sud du pays, essentiellement constituée de chrétiens et d’adeptes de religions traditionnelles africaines.

La CETA a été fondée en 1963 à Kampala. Elle est représentée dans 39 pays par plus de 130 Eglises membres, surtout anglicanes et protestantes, ainsi que 32 conseils d’Eglises associés. Elle compte cinq Eglises d’institution africaine. (apic/eni/bb)

27 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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