Venezuela. Pour l’Eglise catholique, «la démocratie court un grave risque au Venezuela»
La violence se propage et les citoyens sont sans protection
Caracas, 9 avril 2009 (Apic) «La démocratie court un grave risque au Venezuela», a affirmé mercredi au cours d’une messe le cardinal Jorge Liberato Urosa Savino, archevêque de Caracas. Dans son communiqué intitulé «Semaine Sainte: rencontre avec Dieu et avec le prochain» (*), la Conférence épiscopale catholique du Venezuela (CEV) a également tiré la sonnette d’alarme: le système démocratique risque de s’effondrer, estime-t-elle.
Le gouvernement d’Hugo Chavez a déploré cette semaine le «ton alarmiste» de la CEV, un «alarmisme auquel recourt la Conférence épiscopale comme en tant d’autres occasions», selon le Ministère du Pouvoir Populaire pour la Communication et l’Information (MINCI).
Dans un communiqué, le MINCI affirme que depuis 1998, le sommet de la Conférence épiscopale du Venezuela a pris position «contre l’option transformatrice proposée par le président Hugo Chavez Frias et la Révolution bolivarienne», en mentionnant le rôle «de ce petit groupe d’évêques dans le coup d’Etat de l’année 2002». De son côté, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) au pouvoir a exhorté mercredi la CEV à «remplir son véritable rôle en tant qu’institution ecclésiastique» et à s’en tenir aux valeurs qui fondent la religion catholique, comme l’aide aux plus nécessiteux et aux défavorisés.
La présidence de la Conférence épiscopale catholique du Venezuela (CEV), dans un communiqué à l’occasion de la Semaine sainte signé par son président, Mgr Ubaldo R. Santana Sequera, archevêque de Maracaibo, se dit profondément préoccupée par la violence et l’insécurité qui prévalent sur tout le territoire national, «versant le sang innocent de notre peuple».
Non à la concentration du pouvoir aux mains de l’exécutif
La CEV déplore que «malgré les mesures adoptées, la pègre, les kidnappeurs, les sicaires (tueurs à gages, nrd), les narcotrafiquants et les contrebandiers agissent toujours impunément». Et ce sont les habitants sans défense des villes et des campagnes qui en subissent les conséquences, sans savoir à quelle instance s’adresser pour avoir une protection efficace.
Cette situation «viole les droits fondamentaux des citoyens», écrivent les évêques, qui déplorent également la «polarisation politique aiguë, l’exclusion pour des causes idéologiques, la disqualification morale des adversaire, l’élimination d’une décentralisation positive et la concentration croissante du pouvoir dans les mains de l’exécutif». Tout ceci, soulignent les évêques, «porte atteinte à l’Etat de droit, dépouille les instances nationales, régionales et municipales de leur légitime autonomie et expose le système démocratique à un grave risque d’effondrement». (*) www.cev.org.ve (apic/com/be)




