Tel Aviv: Le pape condamne l’antisémitisme et demande la création d’un Etat palestinien
Benoît XVI dénonce une nouvelle fois le «crime» de la shoah
Tel-Aviv, 11 mai 2009 (Apic) A son arrivée à l’aéroport de Lod Ben Gourion, près de Tel-Aviv, dans la matinée du 11 mai 2009, Benoît XVI a dénoncé une nouvelle fois le «crime» de la shoah – l’extermination des juifs par les nazis – et a demandé la création d’un Etat palestinien.
Peu après 11h, pour la première fois de son pontificat, Benoît XVI a foulé la terre d’Israël, 2e étape de son voyage en Terre sainte, après une demi-heure de vol depuis l’aéroport d’Amman, en Jordanie. «Pendant mon séjour en Israël, il est juste et opportun que je puisse avoir la possibilité d’honorer la mémoire des six millions de juifs victimes de la shoah, et de prier pour que l’humanité ne soit plus jamais témoin d’un crime d’une telle ampleur», a ainsi expliqué Benoît XVI, qui s’exprimait en anglais sur un podium.
«Malheureusement, a regretté le pape, l’antisémitisme continue de relever sa tête répugnante en de nombreux endroits dans le monde», quelque chose de «totalement inacceptable» à ses yeux. Benoît XVI a alors encouragé tous les efforts pour combattre l’antisémitisme, où qu’il se trouve, et pour promouvoir le respect et l’estime pour les personnes de tout peuple, de toute race, langue et nation dans le monde entier.
Pour la création d’un Etat palestinien
Dans la deuxième partie de son discours, le pape a rappelé qu’il était «absolument évident» que, depuis des décennies, la paix a tragiquement fait défaut aux habitants de cette Terre Sainte. «Les espoirs d’innombrables hommes, femmes et enfants pour un avenir plus stable et plus sûr dépend de l’issue des négociations pour la paix entre Israéliens et Palestiniens», a alors prévenu Benoît XVI, reprenant un thème abordé quelques minutes plus tôt, à Amman, par le roi de Jordanie Abdallah II.
En union avec tous les hommes de bonne volonté, le pape a supplié «ceux qui ont des responsabilités d’explorer toutes les voies possibles à la recherche d’une solution juste face aux extraordinaires difficultés, afin que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur propre patrie, avec des frontières sûres et internationalement reconnues.
Enfin, Benoît XVI a abordé le thème de la liberté de culte à Jérusalem. «Durant mon séjour à Jérusalem, j’aurai le plaisir de rencontrer de nombreux responsables religieux éminents de ce pays», a-t-il ainsi indiqué, car «les trois grandes religions monothéistes ont, entre autres, en commun une vénération particulière pour cette Ville sainte».
Le pape a alors fait part de son espérance la plus chère que tous les pèlerins qui se rendent sur les lieux saints puissent y avoir accès «librement et sans restriction» et qu’ils puissent prendre part aux célébrations religieuses. Il faut noter que les chrétiens des Territoires palestiniens occupés ne peuvent que très difficilement se rendre sur les lieux saints de Jérusalem et que toute visite requiert des permis que les autorités israéliennes délivrent au compte goutte. Le pape a en outre souhaité que soit garanti «un entretien digne des lieux de culte qui se trouvent sur les lieux saints».
A la descente de l’avion de la compagnie Royal Jordanian, Benoît XVI, visiblement ému, a été accueilli par le président de la République Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le pape a ensuite assisté à l’exécution des hymnes, au cours de laquelle une des musiciennes a perdu connaissance, a constaté l’envoyé spécial de l’agence I.MEDIA.
Alors que l’orchestre interprétait des chants traditionnels juifs évoquant la ville de Jérusalem, le pape a longuement salué les officiels israéliens, dont Tzipi Livni, ancienne candidate au poste de Premier ministre, puis les représentants des différentes communautés chrétiennes. Benoît XVI affichait devant eux un large sourire.
«Ave Benedicte»
Dans son discours de bienvenue, le chef d’Etat israélien a salué le pape en latin, par la formule «Ave Benedicte, princeps fidelium qui hodie terram sanctam visitas» (salut Benoît, prince des fidèles qui aujourd’hui visites la Terre sainte). «Au nom de l’Etat d’Israël, je vous accueille à votre arrivée avec une bénédiction: paix», a-t-il ensuite déclaré en anglais.
«Nous avons fait la paix avec l’Egypte et la Jordanie», a en outre assuré Shimon Peres, «et nous sommes en négociation pour faire la paix avec les Palestiniens, et même arriver à une paix complète dans la région». Dans son discours, le président de l’Etat hébreu a enfin souligné qu’Israël garantissait «la liberté absolue de la pratique de la religion et le libre accès aux lieux saints».
Benoît XVI a ensuite rejoint Jérusalem, à une soixantaine de kilomètres de là, en hélicoptère. A l’héliport du Mont Scopus, le pape a été accueilli par le maire de Jérusalem, Nir Barkat, qui a demandé au pape d’encourager les fidèles catholiques à se rendre en masse en pèlerinage dans la Ville sainte. L’édile a remis à Benoît XVI une ancienne carte représentant le monde avec Jérusalem en son centre. Benoît XVI devait ensuite rejoindre la Délégation apostolique de Jérusalem, sur le Mont des Oliviers, en voiture couverte. Il y déjeunera en privé et prendra un temps de repos. (apic/imedia/cp/be)




