Jérusalem: Internet peut mener à la «fragmentation sociale» prévient Benoît XVI
Intervention perturbée par un dignitaire palestinien
Jérusalem, 11 mai 2009 (Apic) Benoît XVI a mis en garde lundi contre les dangers d’Internet, tels que «la fragmentation sociale croissante» et la «monoculture», au cours de la rencontre interreligieuse organisée au ’Centre Notre-Dame de Jérusalem’, dans la soirée du 11 mai.
Cette manifestation a été perturbée par l’intervention intempestive d’un représentant musulman palestinien qui s’en est violemment pris à Israël, alors que le pape venait à peine d’appeler les fidèles des religions monothéistes à «vivre ensemble dans un profond respect».
Evoquant «la rencontre des religions avec la culture», Benoît XVI a ainsi particulièrement parlé d’Internet, qui a «fait naître une vaste culture virtuelle dont la valeur est tout aussi diverse que ses innombrables manifestations». Si le pape a reconnu tout ce qui a été fait «pour créer une certaine impression de proximité et d’unité au sein de l’ensemble de la famille humaine», il a déploré «la fragmentation sociale croissante».
«L’unité de la connaissance vole en éclats et les aptitudes complexes à la critique, au discernement et au jugement (…) sont souvent délaissées ou comptées comme négligeables», a renchéri le pape, selon lequel l’époque actuelle «d’accès immédiat à l’information» est marquée «par des tendances sociales qui engendrent une forme de monoculture».
Face aux représentants de quelque 70 organisations différentes oeuvrant pour le dialogue interreligieux, Benoît XVI a encouragé «une réflexion approfondie sur la présence permanente de Dieu», estimant que celle-ci «pourra enhardir la raison, stimuler le génie créatif, faciliter une évaluation critique des pratiques culturelles et renforcer la valeur universelle de la croyance religieuse».
Devant les fidèles chrétiens, juifs et musulmans, Benoît XVI a également invité «les personnes des différentes religions» à «vivre ensemble dans un profond respect, dans l’estime et la considération, s’encourageant les unes les autres sur les chemins de Dieu». «Nos différences, a précisé le pape, ne doivent jamais être dénaturées au point d’être considérées comme une cause inévitable de friction ou de tension soit entre nous, soit avec la société dans son ensemble».
Un dignitaire musulman critique Israël
Cette rencontre a été perturbée par l’intervention intempestive d’un leader musulman palestinien, le cheik Taysir Tamini, qui a brusquement pris la parole pour tenir des propos virulents à l’égard d’Israël. Le chef de la Cour suprême islamique dans les territoires palestiniens s’est exprimé pendant plusieurs minutes, en dépit d’une tentative d’intervention du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal. Quant au pape, il a assisté à la scène avec étonnement.
Un peu plus tard, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a condamné cette intervention intempestive du cheik Taysir Tamini, chef de la Cour suprême islamique dans les territoires palestiniens. «L’intervention de Taysir Tamini n’était pas prévue par les organisateurs», a-t-il ainsi expliqué à la presse, jugeant également que, «dans une rencontre consacrée au dialogue», cette intervention avait représenté «un exemple de négation du dialogue». (apic/imedia/lb/cp/pr)




