Israël: A Nazareth, le pape Benoît XVI propose l’exemple de la Sainte famille

Visite pastorale du pape en Terre Sainte

Il regrette les «tensions» entre chrétiens et musulmans

Antoine-Marie Izoard et Charles de Pechpeyrou. I.MEDIA

Nazareth, 14 mai 2009 (Apic) Au cours de la messe qu’il a célébrée jeudi devant 40’000 pèlerins sur le Mont du Précipice, face à la ville de Nazareth, en Galilée, Benoît XVI a invité les milliers de fidèles présents à prendre exemple sur la famille du Christ, la Sainte famille.

Dans la plus importante ville arabe d’Israël, le pape a en outre regretté le 14 mai «tensions qui ont blessé les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes» au cours de ces dernières années suite à la volonté, côté musulman, de construire une mosquée non loin de la basilique de l’Annonciation.

Cette dernière messe en Terre sainte, célébrée au Mont du Précipice où selon la tradition chrétienne la foule a tenté de précipiter Jésus du haut de la falaise, a rassemblé des chrétiens arabes israéliens, des palestiniens et de nombreux pèlerins venus des pays occidentaux.

Tout près de la ville où, selon la tradition, Jésus a grandi «en sagesse» avec ses parents, Benoît XVI a ainsi évoqué la figure de saint Joseph, invitant les fidèles à suivre son exemple, de «piété vigoureuse», de «fidélité à la parole donnée», de «droiture». Aux yeux du pape, «l’autorité placée au service de l’amour est infiniment plus féconde que le pouvoir qui cherche à dominer».

L’exemple de Joseph

«Notre monde a tant besoin d’être guidé par l’exemple, la force paisible d’hommes comme Joseph», a alors lancé Benoît XVI devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles, qui l’avaient préalablement beaucoup applaudi lors de son salut en arabe.

Sur l’immense podium, à deux pas de la ville étroitement liée à la figure de Marie, le pape a aussi a invité à reconnaître et à respecter la dignité et le rôle propre des femmes ainsi que leurs charismes et talents particuliers.

Les femmes, aux yeux du pape, sont indispensables pour créer un «environnement où les enfants apprennent à aimer et à accueillir les autres, à être honnêtes et respectueux envers tous, à pratiquer les vertus de miséricorde et de pardon».

Tensions avec les musulmans

«Ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l’écho, et qui ont blessé les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes», a en outre regretté Benoît XVI, assis dans un grand trône de bois offert par un charpentier musulman.

Dans son homélie, le pape a ainsi fait référence à la controverse née en 2000 suite à la volonté de la communauté musulmane d’édifier une mosquée sur le lieu du tombeau d’un ancien chef musulman, à une centaine de mètres à peine de la basilique de l’Annonciation.

Benoît XVI a alors invité les personnes de bonne volonté de ces deux communautés à remédier aux dommages qui ont été causés et à travailler à construire des ponts, afin de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble. Avec près de 80’000 habitants, dont 35% sont des chrétiens, Nazareth est la plus grande ville arabe d’Israël. C’est également le centre économique et culturel pour une importante population arabe qui vit dans plusieurs villes de la région, dont Reine, Kafr Kana, Ein Mahel et Iksal.

Dernière grande messe

Sur les gradins de pierre et de ciment récemment construits par la municipalité – dirigée par un maire chrétien, Ramiz Jaraisy, plusieurs dizaines de milliers de fidèles ont assisté à cette célébration, la dernière messe publique du voyage de Benoît XVI en Terre sainte. Sous un soleil de plomb, de nombreux habitants de Nazareth, parfois arrivés sur les lieux dès 3 heures du matin, agitant de très nombreux drapeaux du Vatican au cours de la célébration. Çà et là pointaient aussi quelques drapeaux palestiniens.

Au coeur de la foule, André, catholique latin de Nazareth marié à une orthodoxe, a confié que la présence de Benoît XVI en Galilée était «importante» pour encourager les chrétiens. Face aux «difficultés qui vont en augmentant», il n’a pas caché sa crainte de voir son dernier fils quitter le pays.

Le président de la République israélien, Shimon Pérès, qui devait initialement assister à cette messe, n’était pas présent. Le pape devait rencontrer en revanche le premier ministre Benjamin Netanyahu au couvent des franciscains de Nazareth, dans l’après-midi. (apic/imedia/ami/cp/be)

14 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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