Ban Ki-moon invité à monter au créneau sur le droit à l’alimentation
Genève: L’Alliance oecuménique lance son combat contre la faim dans le monde
Genève, 15 mai 2009 (Apic) Une organisation d’inspiration religieuse qui fait campagne pour la justice dans la lutte contre la faim a appelé Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, à monter au créneau pour demander des résultats concrets dans la mise en oeuvre du droit à l’alimentation.
Dans une lettre adressée à Ban Ki-moon, l’Alliance oecuménique «agir ensemble» (AOAE) indique qu’il s’agit de la première d’une série d’actions s’inscrivant dans le cadre d’une campagne mondiale pour l’alimentation. La campagne a été lancée le jour même où le Conseil oecuménique des Eglises et ses contributeurs évoquaient la question de l’alimentation, soulevée par les membres de l’AOAE.
«Les Eglises ont toujours aidé les gens qui avaient besoin de nourriture, mais aujourd’hui, nous voulons nous attaquer aux causes qui font que la faim est un problème structurel», a déclaré le pasteur Malcolm Damon, président du Groupe stratégique de l’AOAE pour l’alimentation, cité par ENI.
Le pasteur Damon, théologien sud-africain et directeur exécutif d’un réseau de justice économique en Afrique australe, estime que la crise économique et la crise climatique à elles seules vont entraîner encore davantage de problèmes de famine. «Nous devons donc nous attaquer activement aux systèmes, aux politiques et aux pratiques qui sont au coeur du problème».
Citant des statistiques publiées par des organisations internationales, l’AOAE a déclaré que près d’un milliard d’individus est confrontés à une famine chronique «dans un monde qui produit actuellement suffisamment d’aliments nourrissants pour contenter la planète entière».
«La production et la distribution d’une nourriture adéquate sur le plan culturel, ainsi que l’accès à cette nourriture, sont des questions fondamentales de justice et nous souhaitons que, dans le monde entier, des gens militent à travers leurs Eglises en faveur de systèmes de production et de systèmes de distribution commerciale justes», indique encore le pasteur Damon.
La lettre adressée au secrétaire général de l’ONU salue son récent appel à faire du droit à l’alimentation le troisième pilier d’un Cadre global d’action, lors de la Réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire tenue à Madrid. La lettre de l’AOAE l’invite cependant à aller plus loin, en prenant «des mesures pratiques et concrètes».
La campagne de l’AOAE, qui s’étale sur quatre ans, mobilisera également des gens dans le monde entier, à travers des organisations chrétiennes, qui défendront la cause d’une consommation juste et durable, tout en faisant prendre conscience que le droit à l’alimentation pour tous signifie que chacun ait accès à une alimentation nutritive, sans avoir à sacrifier d’autres droits fondamentaux, tels que le logement, l’éducation ou la santé.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, s’est félicité de la campagne de l’AOAE. Il a cependant estimé que «produire plus de nourriture ne va pas réduire la faim si nous omettons de penser à l’économie politique des systèmes alimentaires et si nous ne produisons ni ne consommons pas d’une façon plus équitable et plus durable.»
Selon lui, l’accroissement de la production ne suffira pas non plus si nous n’inscrivons pas nos politiques dans le cadre du droit à l’alimentation, afin d’assurer un ciblage, une surveillance et une responsabilité adéquats. (apic/eni/pr)




