Berne: Les Eglises protestantes de Suisse préparées à une épidémie de «grippe porcine»

Mais pas de panique…

Berne/Lausanne, 29 mai 2009 (Apic) Les Eglises protestantes de Suisse étaient préparées à affronter une épidémie de «grippe porcine», la fameuse grippe A/H1N1. «Rarement une réaction aura été aussi rapide dans les Eglises de notre pays», note dans son édition de juin «bonne nouvelle», le mensuel de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud distribué à tous les ménages vaudois.

Quelques jours après l’apparition de la grippe porcine au Mexique, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) envoyait déjà une lettre à ses Eglises membres. «Si la situation devait s’aggraver, nous devrions vous prier de nommer une personne de contact» capable de coordonner les directives de l’Eglise et du canton, écrivait la FEPS dès le 30 avril. Elle signalait que si le gouvernement devait édicter une «interdiction de manifestations», cela concernerait les «cultes habituels, inclus mariages et enterrements».

«En tant que Fédération d’Eglises, il est de notre responsabilité d’être attentifs à ces questions», répond Simon Weber, porte-parole de la FEPS interrogé par «bonne nouvelle». «Dès que l’alerte est passée à la phase 4, nous nous sommes mis en contact avec l’Office fédéral de la santé publique à Berne».

Des demandes de pasteurs venaient déjà de parvenir à l’organe central des protestants. «A Lucerne, lorsqu’il y a eu le premier cas soupçonné, un pasteur a réagi le dimanche même et décidé de servir la sainte cène dans des coupes individuelles, révèle Simon Weber. Sa prudence a rassuré les gens». Cette réaction locale n’a pas eu de suite et n’a pas duré. Pourtant, s’il fallait un jour généraliser une mesure ou suspendre des cultes, la FEPS préfère y être préparée. «D’autant que si une information de dernière minute devait circuler un dimanche, cela nécessiterait une coordination efficace, souligne le porte-parole. Les grandes Eglises disposent de bons moyens pour s’organiser, les petites moins. Elles sont rassurées que nous soyons là pour faire circuler les informations».

Les protestants vaudois n’ont, quant à eux, pas cédé à l’alarmisme. «Si nous arrivions au niveau 6 d’alerte, ce serait le moment de diffuser de telles informations, mais pas avant», relève la pharmacienne Pascale Gilgien, conseillère synodale de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) en charge du service Présence & Solidarité. Selon elle, de telles directives circuleraient rapidement. L’exécutif de l’Eglise en assurerait la coordination. «Mais nous sommes loin de ce cas de figure».

Mesures prêtes pour la sainte cène

«bonne nouvelle» rapporte que la FEPS a tout prévu. Elle a questionné l’Office fédéral de la santé publique (OFS) sur le risque potentiel de contagion par la sainte cène. Réponse: «Si la propagation du virus devait s’accentuer en Suisse, l’OFS conseillerait de garder une distance (un mètre) et au lieu de faire circuler des coupes de vin, de disposer de petits verres en plastique sur un plateau».

L’information a été diffusée aux Eglises cantonales mais n’a pas eu besoin d’être appliquée. Il faut remonter à la grippe espagnole de 1918, qui a tué 20 millions de personnes dans le monde, pour trouver une restriction sur la sainte cène en Suisse, précise le journal protestant. La paroisse protestante de Saint-Jean à Lausanne en garde un souvenir concret: elle pratique encore aujourd’hui le sacrement par intinction – le pain est trempé dans le vin au lieu que la coupe soit portée aux lèvres.

«La sainte cène avait été interdite à cause de la grippe, rappelle le pasteur retraité Arthur-Louis Hofer. Jules Amiguet, pasteur, avait alors retrouvé cette pratique liturgique héritée des Eglises luthériennes baltes. Cela lui a permis de demander, et d’obtenir, l’autorisation de continuer à célébrer le sacrement». Si la pratique a perduré par habitude au culte du soir à Saint-Jean, elle a évolué. Aujourd’hui, ce n’est plus le pasteur qui trempe le pain dans la coupe, mais chaque paroissien. L’usage n’est plus guidé par un souci médical, précise encore «bonne nouvelle», qui a lancé un sondage sur la question en demandant à ses lecteurs si l’Eglise devait modifier la pratique de la sainte cène pour protéger les fidèles de maladies. (apic/bn/com/be)

29 mai 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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