20’000 civils morts sous les bombardements

Sri Lanka: Les photos qui désavouent le gouvernement

Colombo, 1er juin 2009 (Apic) Plus de 20’000 civils seraient morts dans les combats qui se sont vérifiés dans le district de Mullaitivu, au Sri Lanka, dont la plupart ont été tués par les bombardements de l’armée durant les trois dernières semaines de l’offensive dans laquelle des dizaines de milliers de civils étaient bloqués sur un territoire d’une étendue équivalente à celle d’un stade de football.

Le quotidien anglais Times publie à ce propos une enquête documentée par des photos aériennes, des preuves officielles et des témoignages.

Le site internet du quotidien a publié deux photos aériennes, dont une représente un camp de réfugiés de la dite zone de sécurité, où par définition les combats auraient dû être interdits. L’image montre les restes du campement bombardé sur le plage du district de Mullaitivu, à l’extérieur duquel sont identifiables des positions de tir des rebelles des Tigres de libération de l’Eelam (Ltte), qui ont mis en péril la sécurité des civils.

Le gouvernement du Sri Lanka, qui avait déclaré depuis le 27 avril avoir donné l’ordre à l’armée de ne pas avoir recours aux bombardements et à l’artillerie lourde pour ne pas exposer les civils tamouls, a toujours rejeté toute accusation de responsabilité, indiquant les Ltte comme seuls responsables de la mort de civils.

Mais les photos aériennes obtenues par le Times «racontent une autre histoire», lit-on dans le quotidien.

Après avoir analysé des dizaines d’images du champ de bataille et évalué les positions de l’armée, celles des rebelles et l’étroitesse des zones de sécurité, un expert militaire anglais a exclu que l’artillerie des Ltte ait pu causer un si grand nombre de victimes. «Cela semble plus probable que les positions de feu (des rebelles, ndlr) aient été repérées par l’armée du Sri Lanka puis visées par des bombardements aériens et des coups de mortier», a dit Charles Heyman, de la revue des forces armées britanniques.

Une autre photo aérienne montre des centaines de sépultures de rebelles tamouls dans le sable, ordonnées en files, et un autre espace de sépulture près des tentes des civils, rempli de tombes disposées en désordre.

Selon les estimations de l’Onu, 7’000 civils ont été tués entre janvier et fin avril, puis le bilan a ensuite augmenté au rythme de 1’000 morts par jour, jusqu’au 19 avril, au lendemain de la mort du commandant historique des Ltte,Velupillai Prabhakaran, qui a mis fin au conflit.

Le gouvernement du Sri Lanka a qualifié d’insinuations l’enquête du Times, réaffirmant qu’aucun civil n’a été tué par les Ltte dans leur tentative de fuite. Ces derniers jours, une session spéciale du Conseil des droits humains sur le Sri Lanka s’est conclue avec une résolution faible qui a évité l’ouverture d’une enquête internationale sur les nombreux crimes commis par les deux parties dans le conflit. (apic/misna/pr)

1 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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