Autriche: Benoît XVI rassure et encourage les évêques autrichiens après «l’affaire Wagner»
L’Eglise autrichienne secouée par la levée des excommunications
Rome, 17 juin 2009 (Apic) Benoît XVI a rassuré et encouragé les responsables de l’Eglise autrichienne récemment secouée par une crise. Lors d’une rencontre inhabituelle au Vatican avec 4 évêques autrichiens, les 15 et 16 juin 2009, le pape, les évêques autrichiens et certains responsables de la curie sont particulièrement revenus sur la nomination contestée, fin janvier dernier, de l’évêque auxiliaire de Linz, Mgr Gerhard Wagner, un conservateur connu pour ses déclarations provocatrices.
Cette nomination, ainsi que le choix de Benoît XVI, à la même époque, de lever l’excommunication des 4 évêques de la Fraternité Saint-Pie X, avait provoqué une crise au sein de l’Eglise autrichienne, y compris au sein de l’épiscopat.
Dans un communiqué publié le 16 juin en fin de journée, le Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé officiellement la tenue au Vatican, pendant 2 jours, d’une rencontre de Benoît XVI avec 4 évêques autrichiens, des chefs de dicastère de la curie romaine et le nonce apostolique en Autriche, Mgr Peter Stephan Zurbriggen. Les évêques présents étaient le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale autrichienne, l’évêque de Graz, Mgr Egon Kapellari, l’évêque de Linz, Mgr Ludwig Schwarz, et l’archevêque de Salzbourg, Mgr Alois Kothgasser.
Celui-ci avait tenu, en février dernier, des propos particulièrement durs à l’égard de Rome après le choix du pape de lever l’excommunication des évêques lefebvristes. Le cardinal Schönborn avait aussi fait part de certains de ses doutes après les gestes pontificaux, sans pour autant s’en prendre à Benoît XVI.
«Au cours de cette réunion, caractérisée par une forte ’affection collégiale’, il a été question, dans un dialogue fraternel et avec un esprit constructif, de certains sujets concernant la situation du diocèse de Linz et de l’Eglise en Autriche, en projetant des solutions pour les problèmes en cours», a indiqué le communiqué.
Des évêques autrichiens inquiets de «signes conservateurs»
«Le pape a rappelé l’urgence d’approfondir la foi et la fidélité intégrale au Concile Vatican II et au magistère post-conciliaire de l’Eglise, ainsi qu’au renouvellement de la catéchèse à la lumière du catéchisme de l’Eglise catholique», a poursuivi la note alors que plusieurs prélats autrichiens s’étaient inquiétés des gestes jugés ’conservateurs’ de Benoît XVI. En outre, il a été question des problèmes doctrinaux et pastoraux, et de la situation du clergé, du laïcat, des grands séminaires et de la Faculté théologique à Linz et dans d’autres diocèses autrichiens.
Le communiqué du Saint-Siège précise aussi que les évêques autrichiens ont «remercié le pape pour sa sollicitude paternelle ainsi que pour cette rencontre, signe de sa proximité à l’égard de l’Eglise en Autriche». Ceux-ci ont encore remercié la curie romaine, dont ils ont rencontré de nombreux responsables concernés par la question autrichienne: les cardinaux Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé, Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, et Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs.
Une nouvelle crise
En février dernier, une partie des évêques d’Autriche avait rejeté la nomination par Benoît XVI de l’évêque auxiliaire de Linz, le 31 janvier, en la personne de Mgr Gerhard Maria Wagner, un prêtre connu pour ses déclarations provocatrices. Considéré comme un conservateur, le prélat autrichien avait notamment affirmé que les romans de la saga ›Harry Potter’ relevaient du «satanisme». S’exprimant sur les ravages causés par le cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans, aux Etats-Unis, Mgr Wagner avait en outre déclaré que «ce n’était pas un hasard si cinq cliniques où l’on pratique l’avortement avaient été détruites».
Réunis en urgence à Vienne pour une réunion extraordinaire à la demande du cardinal Christoph Schönborn, le 16 février, les évêques autrichiens avaient débattu de la nomination des évêques, en rappelant les crises qu’elles avaient provoquées depuis le milieu des années 1980 dans le pays. Les évêques avaient déclaré que les controverses à ce sujet avaient été trop nombreuses en Autriche et qu’elles avaient conduit à des conflits trop douloureux qui avaient provoqué des fissures au sein même de l’Eglise. «C’est pourquoi, justement dans ce domaine, il faut faire preuve d’une extrême sensibilité», avaient-ils déclaré.
Réaffirmant que la libre nomination des évêques par le pape ne pouvait être remise en cause, ils avaient cependant noté que «les procédures prévues par le droit canon pour la sélection et l’examen des candidatures ne sont valables que si elles sont réellement respectées». Ainsi, les évêques faisaient allusion au fait que le nom de Mgr Wagner n’aurait pas fait partie des noms proposés à Rome depuis l’Autriche pour le poste d’auxiliaire de Linz. «Nous sommes en droit d’attendre que le processus de recherche de candidats, d’examen des propositions et de décision finale soit mené avec soin», avaient encore affirmé les évêques autrichiens.
L’épiscopat autrichien a déjà été plusieurs fois marqué par des affaires extrêmement embarrassantes. Durant le pontificat de Jean Paul II, ce fut ainsi le cas avec Mgr Hans Hermann Groër, nommé archevêque de Vienne en 1986, et ensuite mis en cause dans des affaires de pédophilie. Quant à l’évêque de Sankt Pölten, Mgr Kurt Krenn, il fut contraint à la démission en 2004 après un scandale de pornographie homosexuelle au sein du séminaire de son diocèse. (apic/imedia/ami/be)




