Un prélat «perçu comme conservateur»

Rome: Le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos aura 80 ans le 4 juillet prochain Prélat conservateur

Rome, 2 juillet 2009 (Apic) Le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale «Ecclesia Dei» (*) depuis avril 2000 et ancien préfet de la Congrégation pour le clergé, aura 80 ans le 4 juillet 2009. A cette date, il ne fera donc plus partie des cardinaux électeurs en cas de conclave. Ce prélat conservateur pourrait également quitter la curie romaine. Le collège cardinalice comptera alors 113 électeurs, pour un total de 186 cardinaux. Le prochain cardinal à fêter ses 80 ans sera le Polonais Jozef Glemp, ancien archevêque de Varsovie, le 18 décembre.

Né le 4 juillet 1929 à Medellin, en Colombie, et ordonné prêtre le 26 octobre 1952, Dario Castrillon Hoyos est titulaire d’un doctorat en droit canon de l’Université pontificale grégorienne à Rome. Après avoir été curé dans deux paroisses rurales colombiennes et avoir enseigné le droit canon à l’Université civile libre de Bogota, la capitale, Dario Castrillon Hoyos devient secrétaire général de la Conférence des évêques de Colombie. Nommé coadjuteur de l’évêque de Pereira, au sud de Medellin, par Paul VI en 1971, il devient évêque de cette même ville en juillet 1976.

De 1983 à 1987, Mgr Castrillon Hoyos est secrétaire général du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) puis, de 1987 à 1991, il en est le président. En 1992, il est nommé archevêque à Bucaramanga. En 1996, Jean Paul II le nomme pro-préfet de la Congrégation pour le clergé, où il se charge en particulier de préparer le jubilé sacerdotal du pape polonais. Créé cardinal en février 1998, il devient alors préfet du dicastère dont il a la charge.

Retour au bercail de certains intégristes

En 2000, le prélat colombien est nommé président de la Commission pontificale «Ecclesia Dei», en charge des relations avec les communautés traditionalistes. Avec la création par Rome, sous l’impulsion du cardinal Castrillon Hoyos, de l’Institut du Bon Pasteur en septembre 2006, un certain nombre d’anciens prêtres et séminaristes de la Fraternité Saint-Pie X, séparée de Rome depuis 1988, réintègrent les rangs de l’Eglise.

Quelques années plus tôt, en janvier 2002, il avait déjà aidé à créer une circonscription ecclésiastique dépendant directement du pape dans le diocèse brésilien de Campos pour des intégristes souhaitant revenir dans le giron de l’Eglise.

Atteint par la limite d’âge en 2005, le cardinal Castrillon Hoyos est cependant maintenu dans ses fonctions par Benoît XVI. Mais, en octobre 2006, il quitte sa charge de préfet de la Congrégation pour le clergé, tout en restant président de la Commission pontificale «Ecclesia Dei» Le 7 juillet 2007, en vue d’obtenir une réconciliation au sein de l’Eglise, Benoît XVI publie le Motu Proprio «Summorum pontificum» libéralisant l’usage de la messe et des livres liturgiques selon le rite préconciliaire de 1962. Le cardinal Castrillon Hoyos est l’une des principales chevilles ouvrières de ce texte.

Plus récemment, au mois de janvier dernier, le cardinal Castrillon Hoyos a été au cœur de la polémique née de la levée de l’excommunication des évêques lefebvristes, dont Mgr Williamson, qui a provoqué un beau tollé international en tenant des propos négationnistes. Début février, le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a ainsi affirmé que «s’il y en a un qui devait savoir» ce qu’avait affirmé Mgr Williamson à propos des chambres à gaz, «c’était bien le cardinal Castrillon Hoyos».

Le prélat colombien a alors rétorqué que le jésuite italien n’aurait pas dû «porter de jugements sur des personnes ni dire qu’un cardinal doit savoir quelque chose qu’il n’a pas de raison de savoir». Mgr Castrillon Hoyos, que le quotidien catholique français «La Croix», sous la plume de Claire Lesegretain, qualifiait d’»intelligent mais controversé», et de «cardinal perçu comme conservateur», est actuellement encore membre de la Congrégation pour les évêques, de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, de la Congrégation pour l’éducation catholique et du Conseil pontifical pour les textes législatifs. JB/LB

(*) La Commission pontificale «Ecclesia Dei» a été instituée par le pape Jean Paul II avec le Motu Proprio promulgué le 2 juillet 1988 à la suite de l’acte schismatique des ordinations épiscopales illégales effectuées le mois précédent par l’archevêque excommunié Marcel Lefebvre à Ecône. (apic/imedia/lb/be)

2 juillet 2009 | 14:38
par webmaster@kath.ch
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