Kenya: Le comité exécutif du Conseil national des Eglises inquiet de la situation du pays
Des intérêts égoïstes veulent le tenir sous le joug de la pauvreté
Nairobi, 9 juillet 2009 (Apic) Le Comité exécutif du Conseil national des Eglises du Kenya (NCCK) a exprimé la préoccupation des 42 Eglises membres, associés et partenaires, face à la situation du pays. Le Conseil était réuni pour discuter de l’état de la nation.
Dans une déclaration publiée sur son site internet, le NCCK déplore le fait que «nombreux sont ceux qui veulent garder les Kenyans sous le joug de la pauvreté et des souffrances pour leurs propres intérêts égoïstes».
Selon la déclaration du Conseil national des Eglises du Kenya, ces personnes continuent à se «livrer à la corruption, au banditisme et autres formes de perversion sur la justice». Le non-respect, par le gouvernement, de son devoir de punir les coupables de ces délits favorise de ce fait «la croissance d’une culture de l’impunité et le mépris de la loi et l’autorité».
Dans cette optique, le comité exécutif du NCCK a appelé les Kenyans à s’élever au-dessus de leurs clivages ethniques et d’intérêts partisans, de manière à obtenir le respect de la dignité de la vie, et à se protéger de «l’opportunisme politique». «La nation est confrontée à la destruction», dès lors que l’état de droit est ignoré.
Pour les membres du Conseil, même si le Kenya a inspiré «tristesse et désespoir», il est sur le «seuil de la guérison, de la restauration, de la prospérité, de la dignité et de la fierté nationales». Les Eglises membres du NCCK demandent à tous les Kenyans de s’engager dans le processus de révision constitutionnelle en cours en mettant clairement l’accent sur les intérêts nationaux et le bien-être des populations. Car, a rappelé le NCCK, depuis plus de deux décennies, les Kenyans cherchent à avoir une nouvelle Constitution.
Dans cette perspective, il est donc essentiel pour les Kenyans de faire des propositions de nature à promouvoir la justice et l’équité pour tous, poursuit la déclaration, notant qu’aucun «individu, institution ou groupe ne devrait entrer dans le processus de révision constitutionnelle avec des intérêts sectoriels étroits, qu’ils soient politiques, religieuses, de sexe ou de classe».
Les Eglises dénoncent la culture d’impunité qui prévaut depuis des décennies
Les Eglises ont d’autre part décidé d’adresser une pétition à la Cour pénale internationale (CPI) pour réclamer la poursuite devant les tribunaux des auteurs d’exactions et de graves violations des droits de l’homme dans le pays. Selon leur communiqué, «depuis 1963, les populations du Kenya sont victimes de graves violations de leurs droits et des libertés fondamentales, par les personnes influentes et par les organes de l’Etat».
«Ces exactions ont continué sans relâche en raison de l’omission par le gouvernement d’enquêter, de poursuivre et de punir les auteurs de ces crimes. En conséquence, une culture d’impunité a pris racine dans le pays et menace de nous plonger dans une sombre époque d’anarchie et de mort. Un règlement juste, durable et prospère du Kenya n’est possible que lorsque toutes les personnes sont égales devant la loi, et que tout crime est puni». (apic/ibc/be)




