Philippines: L’armée des Philippines empêche Eglise et médias le contact avec les déplacés
Les militaires philippins discréditent les médias et font barrage
Manille, 16 juillet 2009 (Apic) Des représentants d’Eglise et des médias, qui n’ont pas été autorisées à se rendre sur les lieux en conflit armés, dans le sud des Philippines, pour surveiller la situation des personnes déplacées, ont accusé l’armée du pays, affirmant que cette dernière entend cacher les souffrances des habitants de la région. Et d’autres choses?
Des organisations chrétiennes ont également exprimé leurs préoccupations quant à la quantité de personnes déplacées dans cette région en proie à la violence.
«Nous déplorons le fait qu’il reste des éléments au sein du gouvernement qui cherchent à restreindre l’accès aux informations concernant les Bangsamoro (terme local désignant la population musulmane du sud du pays) et les causes du conflit séculaire qui continue de causer tant de souffrance», peut-on lire dans un communiqué commun des représentants des médias et des Eglises.
Le communiqué, cité par l’Agence ENI, a été publié à la suite de la détention, à un point de contrôle militaire, pendant une heure le 30 juin, d’un groupe de 52 journalistes et représentants d’organisations médiatiques d’Eglise. Le groupe se dirigeait vers un camp d’évacuation pour personnes déplacées à cause de la guerre, et pour enquêter sur des accusations de blocus alimentaire, d’arrestations illégales, de disparitions et d’exécutions sommaires dans la province de Maguindanao.
Les journalistes ont affirmé vouloir constater les conditions auxquelles sont confrontées les personnes déplacées, qui seraient au nombre de 600’000. Selon le rapport d’avril 2009 de l’organisation Internal Displacement Monitoring Center, à Genève, il s’agit du «plus gros déplacement récent dans le monde».
Les personnes déplacées seraient essentiellement des femmes et des enfants fuyant un conflit armé récurrent entre l’armée des Philippines et le Front de libération islamique moro (MILF), qui lutte pour un Etat musulman autonome dans le sud des Philippines depuis les années 1970.
Le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jonathan Ponce, a déclaré dans les médias que certains journalistes couvrant l’information sur les personnes déplacées et sur d’autres accusations de violations des droits de l’homme ont reçu «de l’argent de poche» de la part d’une organisation qui est selon lui liée au MILF.
Les journalistes ont rejeté les accusations du porte-parole de l’armée, qui selon eux visent à les «discréditer» et à «occulter la vérité». «Toute tentative visant à restreindre ou contrôler le flux d’informations nécessaires à la bonne compréhension de ce conflit ne pourra en aucun cas servir la cause de la paix», indique le communiqué signé par des agences médiatiques comme I-Watch, une organisation réalisant des documentaires vidéos, fondée par le père Eduardo Vasquez, un prêtre catholique philippin. (apic/eni/pr)




