Ghana: Commission Dialogue interreligieux et œcuménisme des pays anglophones

Plaidoyer pour la démocratie et la bonne gouvernance

Accra, 19 juillet 2009 (Apic) La Commission «Dialogue interreligieux et œcuménisme» de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique de l’Ouest anglophone (IRDEC-AECAWA) s’est réunie à Accra, au Ghana, du 13 au 16 juillet. Elle a appelé les populations de la sous-région, à «travailler ensemble pour la bonne gouvernance» qui se caractérise par «la justice et la responsabilité».

La réunion a regroupé des délégués des pays membres de l’association: Nigeria, Ghana, Sierra-Leone, Liberia et Gambie. Elle a eu pour thème: «Renforcement de la démocratie en Afrique de l’Ouest: rôle du dialogue interreligieux et de l’œcuménisme», a indiqué le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA).

Dans une déclaration publiée au terme de leurs travaux, les membres de la Commission ont relevé que la démocratie ne peut se développer de manière efficace en Afrique de l’Ouest, que si toutes les populations, en dépit de leurs différences religieuses et politiques, travaillent ensemble pour la bonne gouvernance. Ils se sont dits conscients des obstacles de la «fragile» démocratie en Afrique de l’Ouest: élections «frauduleuses», répartition «inéquitable» des ressources, pauvreté, analphabétisme et ignorance, manipulation de la religion par les hommes politiques, et par des hommes religieux pour leurs ambitions «égoïste», ainsi que la perte du rôle prophétique de la part de certains chefs religieux, qui ne sont pas plus la «voix des sans voix». S’y ajoutent les problèmes ethniques, le fanatisme religieux, et les différends post-électoraux.

Former des citoyens «responsables et patriotes»

Pour faire face à ces difficultés, ils ont demandé aux chefs religieux de toutes les confessions, de jouer leur rôle prophétique, en s’élevant contre l’injustice, et en défendant la vérité. L’éducation civique aussi, ont-il ajouté, doit être assurée dans les programmes scolaires de base, pour aider à former des citoyens «responsables et patriotes».

Sur le plan politique, l’IRDEC-AECAWA a estimé que les membres des commissions électorales dans la sous-région doivent s’efforcer d’être «indépendants et non partisans». En outre, a-t-elle plaidé, les critères de «probité et de responsabilité» doivent être inscrits dans le système de gouvernance dans les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest. Les dirigeants doivent veiller et respecter ces critères, et être soumis à la règle de droit. La primauté du droit et des procédures judiciaires doivent toujours être respectés dans la sous-région, et les dirigeants politiques ont été invités, par la commission, à faire une utilisation «judicieuse»des ressources nationales.

Musulmans, chrétiens et adeptes des religions traditionnelles africaines ont été enfin invités par la réunion d’Accra, à participer «activement et conjointement», à la surveillance des élections, dans la mesure du possible. «Nous ne pouvons pas parvenir à la démocratie véritable en Afrique de l’Ouest, sans l’aide de Dieu. Nous invitons donc tous les croyants à l’implorer sans cesse, et à prier pour son aide, en vue d’avoir une bonne gouvernance dans notre sous-région», a enfin préconisé la déclaration de l’IRDEC, signée au nom de la Commission, par son président, Mgr Francis Anani Kofi Lodonu.

A noter que la réunion d’Accra a été animée par des experts en islam, en christianisme, et en religion traditionnelle africaine. Les travaux ont été inspirés par le sage proverbe africain qui dit: «Si tu veux marcher vite, marche seul, mais si tu veux marcher loin, marchez ensemble». (apic/ibc/bb)

19 juillet 2009 | 10:13
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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