«Les autorités provinciales sont responsables des violences»
Vietnam: L’Eglise catholique condamne l’intervention policière à Tam Toa
Hanoi, 22 juillet 2009 (Apic) L’évêché de Vinh a condamné l’action policière menée le 20 juillet contre la paroisse de Tam Toa et les arrestations des fidèles. Selon le vicaire général, les autorités provinciales «supportent l’entière responsabilité des violences». Il leur incombe maintenant de soigner les blessés et de libérer les prisonniers, estime-t-il dans un appel lancé le 21 juillet.
Dans deux messages envoyés aux fidèles du diocèse, l’évêché de Vinh demande de rester en communion avec les victimes de la police et de faire preuve de solidarité. C’est le vicaire général, en l’absence de l’évêque en visite ad Limina à Rome, qui a réagi à la suite des informations reçues du curé de la paroisse sur la bagarre qui a opposé dans la matinée du 20 juillet des catholiques de Tam Toa (ville de Dông Hoi, province de Quang Binh) aux forces de police locale, relève l’agence Eglises d’Asie. Les forces de l’ordre ont procédé à 19 arrestations.
Des «volontaires» agressifs
Un témoin direct, dont le récit est repris par Eglises d’Asie, a raconté les faits sur des sites internet. Selon lui, les forces venues s’opposer à l’édification d’une bâtisse provisoire par les fidèles de la paroisse étaient composées de policiers, de membres de la milice et de «volontaires», en réalité des hommes de main recrutés par les autorités pour la circonstance. Ce sont eux, dit le document, qui ont agressé les prêtres, religieux, et laïcs présents sur les lieux, infligeant des blessures à un certain nombre et arrêtant 19 d’entre eux.
Le récit rapporte aussi que, dans la matinée du 20 juillet, les prêtres chargés des paroisses voisines de Tam Toa sont venus encourager les catholiques dans leur résistance à la police. Dans la soirée, quatre d’entre eux sont allés rencontrer les autorités civiles de la province de Quang Binh et de la ville de Dông Hoi. Ils les ont priées de libérer immédiatement les personnes arrêtées et de faire transporter à l’hôpital celles qui ont été blessées par les agents de la sécurité. Les responsables locaux ont refusé la demande de libération et ont affirmé que les catholiques avaient engagé, les premiers, la bataille contre les forces de l’ordre. Un membre du conseil paroissial a relevé que les fidèles s’étaient contentés de se défendre contre une attaque sauvage de la police et de ses alliés. Selon le même témoin, si les fidèles n’avaient pas maîtrisé leurs réactions, sur les conseils de leurs curés, il y aurait eu des morts. (apic/eda/bb)




