Russie: Les patriarches russe et géorgien réitèrent leurs appels à la paix
Un an après la guerre en Ossétie
Moscou, 11 août 2009 (Apic) Les leaders orthodoxes de Russie et de Géorgie ont appelé de leurs vœux la paix tandis que leurs homologues politiques se lancent des accusations d’agression, un an après la guerre qui a opposé les deux pays en Ossétie du Sud.
Les patriarches orthodoxes russe et géorgien ont par ailleurs rendu hommage aux victimes de la courte mais brutale guerre livrée au sujet de la région séparatiste d’Ossétie du Sud.
Le patriarche Kirill Ier de l’Eglise orthodoxe Russe et le patriarche Ilya II de l’Eglise orthodoxe géorgienne ont mis l’accent sur le patrimoine spirituel commun des deux belligérants, poursuivant sur la voie empruntée l’année dernière par Ilya II et le patriarche Alexis II de l’Eglise orthodoxe russe – décédé en décembre 2008 – qui appelaient à la réconciliation alors même que le conflit faisait rage.
Lors d’une panikhida – un service de souvenir des défunts – célébrée à la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou le 8 août, c’est-à-dire un an après que la Géorgie a commencé à bombarder Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, le patriarche Kirill Ier a affirmé que la guerre, qui, selon lui, résultait d’une «agression déclenchée par une volonté politique néfaste», était «une tragédie entre trois peuples orthodoxes fraternels».
«En souvenir de cet événement, nous allons prier aujourd’hui pour le repos des âmes de ceux qui ont péri, quelle que soit leur nationalité : nous allons prier pour tous les orthodoxes qui ont laissé leur vie dans cette guerre», a déclaré Kirill Ier. «Par ailleurs, nous allons implorer le Seigneur pour que plus jamais, et dans aucune circonstance, un peuple orthodoxe ne lève la main sur un autre et en verse le sang.»
La Russie affirme avoir envahi la Géorgie après que l’armée de ce pays eut commencé à bombarder Tskhinvali. Pour la Géorgie, en revanche, c’est la Russie qui a provoqué la guerre et la Géorgie était en droit de reprendre un territoire qui lui appartient.
Des sermons qui invitent les politiciens à la paix
Dans son sermon, le patriarche russe a déclaré que tout le monde, y compris «les gens de la rue, le clergé et les politiciens des deux pays» devaient tirer les conclusions qui s’imposent des événements de 2008, afin que ceux-ci ne se répètent pas et que les conflits soient résolus pacifiquement «sur la base de la force spirituelle de chacune des nations.»
Le patriarche Ilya II, dans un appel publié sur le site web du Patriarcat de Géorgie, a parlé des liens étroits qui lient la Russie et la Géorgie. Il a cependant mis en garde les leaders russes contre les incursions en Géorgie, tout en affirmant que les Eglises continueraient à encourager des solutions pacifiques.
«Nous avons beaucoup de respect pour la Russie, sa culture et sa spiritualité», a déclaré Ilya II, dans sa déclaration publiée sur www.patriarchate.ge. «Nous avons des saints en commun, mais la Russie doit savoir que nous n’allons jamais accepter la violation des frontières géorgiennes. Cette question fait l’unanimité dans l’ensemble de la Géorgie. Nous allons trouver une issue pacifique. Les Eglises orthodoxes de Russie et de Géorgie sont toujours en faveur d’une résolution pacifique des problèmes. Nous espérons que les autorités russes feront preuve de bonne volonté et de rationalité pour trouver des moyens pacifiques de résoudre cette question.»
Pendant et après la guerre entre la Russie et la Géorgie, qui faisait partie de l’Union soviétique, les deux camps se sont mutuellement accusés d’être l’agresseur et d’avoir commis des atrocités. La Russie a affirmé qu’il était justifié d’avoir reconnu l’Ossétie du Sud en tant qu’entité séparée, car selon elle, les Géorgiens ont été coupables de mauvais traitements envers les habitants de l’enclave séparatiste.(apic/eni/js)




