Soudan : Le Conseil des Eglises réaffirme son engagement en faveur de la justice, de la paix

Appel urgent pour sauver la paix dans le pays

Khartoum, 18 août 2009 (Apic) Le Conseil des églises du Soudan (SCC) qui regroupe onze Eglises chrétiennes dont l’Eglise catholique, a réaffirmé son engagement en faveur de la justice, de la paix et de la réconciliation dans le pays. Réuni du 10 au 14 août dernier pour sa 17e assemblée générale, il a lancé un appel à «toutes» les personnes de foi, au gouvernement, aux pays voisins, ainsi qu’à l’Afrique et à la communauté internationale, pour se joindre à un effort concerté, afin de sauver l’Accord de paix global (CPA) de 2005 entre le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud-Soudan.

Dans un communiqué rapporté par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), le Conseil a demandé de soutenir cet accord pour éviter son échec et permettre l’avènement de la paix dans l’ouest du Soudan. La sécurité et la paix des populations locales, la sauvegarde du pays et de la stabilité de l’ensemble de la région de la Corne de l’Afrique en dépendent aussi.

Le SCC qui s’est déclarée profondément attristé et inquiet de la situation actuelle et de l’avenir du Soudan, a indiqué avoir passé quatre jours à évaluer la situation actuelle dans le pays. Il a réfléchi également sur son rôle, ses responsabilités, ainsi que sur la manière dont les Eglises membres, en collaboration avec leurs communautés, le gouvernement, les partenaires et tous ceux qui se sont engagés à l’application de l’Accord CPA du 9 janvier 2005, à Nairobi au Kenya, peuvent aider à surmonter les obstacles et les défis auxquels le pays est confronté.

Les Eglises soudanaises constatent que, depuis 4 ans, les conflits sont présents un peu partout, alors que l’accord aurait dû apporter le calme: Sud-Soudan, dans l’Ouest, dans l’Equateur occidental, central et oriental, dans la province des Lacs, à Jonglei, dans le Haut-Nil, dans Warrap, et au Darfour et dans certaines parties du Sud-Kordofan.

Selon le SCC si le désarmement est en cours dans certains endroits, la marque de nouvelles armes apparaît cependant dans d’autres parties du territoire. Ces nouvelles armes proviennent «apparemment de «sources» qui ne semblent pas avoir «aucun intérêt dans un avenir pacifique et juste de notre peuple». En plus, ceux qui sont responsables d’assurer la sécurité «semblent incapables ou peu disposés même à certains endroits de le faire, pour des raisons que nous ne parvenons pas à comprendre».

Pays riche en ressources, mais à la population très pauvre

«Dans un pays riche en ressources comme le Soudan, la plupart des populations sont sans emploi ou ne reçoivent pas leurs salaires pendant des mois», a déploré le conseil, tout en relevant que cette situation ne peut pas être expliquée par la seule crise financière mondiale. «L’argent alloué à l’amélioration des conditions de vie des populations n’arrive jamais à leurs destinataires, mais disparaît», a encore fustigé le SCC.

Dans le même ordre d’idées, il a fait observer que dans les zones où l’exploitation du pétrole est en cours, «nous sommes témoins d’une catastrophe écologique, avec la pollution de l’eau et des sols». «Les populations, déplacées par la guerre, ne peuvent pas rentrer chez elles en raison de l’absence de sécurité, de services de base et de la destruction de l’environnement», a noté le communiqué du SCC.

Elections repoussées par deux fois

Au plan politique, le Conseil des églises du Soudan a relevé avec amertume que les élections ont été reportées à deux reprises. Il y a des indications qui annoncent que même si elles se tiendront, comme prévu, en avril 2010, elles ne seront pas «libres et équitables». Ces indications sont fondées sur l’expérience vécue par le passé, avec des résultats contestés du recensement. En outre, le projet de loi sur le référendum est encore contesté par les partis politiques, et il y a des craintes que le référendum pour le Sud-Soudan et à Abyei, ainsi que la consultation populaire pour le sud du Kordofan et du Nil bleu méridional pourraient ne pas avoir lieu en 2011, comme le prévoit l’APC.

La déclaration a été signée par les Eglises catholique, épiscopale, presbytérienne, copte orthodoxe, l’Eglise intérieure, l’Eglise africaine d’Inland, l’Eglise du Christ, l’Eglise évangélique presbytérienne, ainsi que les Eglises pentecôtiste, orthodoxe grecque, et grecque-catholique.

Elles ont aussi lancé un appel en huit points à la communauté internationale, pour fournir les ressources nécessaires afin d’éviter une catastrophe humanitaire dans le Sud-Soudan et dans les autres régions du pays. Elles ont plaidé pour une pression internationale sur les différents partis politiques pour avancer dans leurs discussions en vue des élections. (apic/ibc/js)

18 août 2009 | 09:42
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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