Afrique du Sud: Le Conseil des Eglises exclu de l’organisation interreligieuse de Jacob Zuma
Il appelle à la prudence dans les relations avec ce groupe
Le Cap, 24 août 2009 (Apic) Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC), principal rassemblement d’Eglises du pays, s’est dit préoccupé de ne pas avoir été invité à faire partie d’une organisation interreligieuse formée pour aider le président Jacob Zuma à répondre aux manifestations nationales de protestation contre le manque de services essentiels.
Le SACC, constitué de 27 membres issus des traditions catholique romaine, protestante, orthodoxe et anglicane, a déclaré n’avoir jamais été informé de la création récente du Conseil national des dirigeants interreligieux (NILC). Pour le SACC, cela contredit les propos du secrétaire général du conseil interreligieux, John Lamola, qui a déclaré que toutes les organisations d’inspiration religieuse avaient été invitées.
«Sans vouloir supposer que notre exclusion était malveillante, le SACC est déçu qu’on ne lui ait pas fait la courtoisie d’une invitation», a indiqué le Conseil dans un communiqué du 19 août.
Pendant la période de l’apartheid, le SACC était considéré par le gouvernement comme étroitement lié au parti du Congrès national africain (ANC), qui était alors interdit mais qui occupe maintenant le pouvoir depuis 1994. Cependant, certains membres de l’Eglise ont apporté leur soutien à un nouveau parti, formé en début d’année pour s’opposer au parti au pouvoir. Le pasteur Mvume Dandala, leader du Congrès du peuple (Cope), était autrefois un responsable clé du SACC.
Le groupe interreligieux veut aider le président à gérer les problèmes de société
Le pasteur Ray McCauley, de l’Eglise Rhéma, qui avait déclenché la controverse en accueillant Jacob Zuma dans son église pendant la campagne présidentielle d’avril, est à la tête du groupe d’environ 25 leaders religieux qui s’est formé le 27 juillet.
Ce groupe est constitué de responsables issus d’Eglises chrétiennes, de religions traditionnelles africaines et de la communauté musulmane, et il a pour objectif d’aider le gouvernement à améliorer l’accès aux infrastructures de base pour la population et à gérer d’autres problèmes touchant les personnes vivant dans les bidonvilles situés en périphérie d’un grand nombre de villes.
Le responsable de l’ANC au Parlement, Mathole Motshekga, a déclaré lors de la première réunion du groupe interreligieux qu’il appréciait le fait que, en tant que responsables religieux, ils ont acquis une certaine expérience dans la gestion des situations de conflit.
Une vague de «manifestations pour les services» a débuté en juillet dans un grand nombre de townships pauvres et essentiellement peuplés de Noirs des banlieues d’Afrique du Sud, les habitants exigeant de meilleures conditions de logement et une amélioration des infrastructures.
Le SACC a affirmé avoir pris contact avec le bureau du président, les dirigeants du groupe interreligieux et la commission des affaires religieuses de l’ANC pour trouver un «moyen amical d’aller de l’avant».
«Nous appelons tous les membres du SACC soit à suspendre, soit à étudier soigneusement les implications de leur participation au NILC, jusqu’à ce que le SACC ait mis au clair un certain nombre de questions avec les dirigeants du NILC», lit-on dans le communiqué du conseil d’Eglises. «Nous restons par ailleurs engagés dans la collaboration avec diverses traditions religieuses et avec le gouvernement pour combattre la pauvreté, la déchéance morale, la criminalité et le démantèlement social.» (apic/eni/js)




