Afrique: Des organisations de la société civile se mobilisent contre l’accaparement des terres

Banque mondiale et Etats-Unis incriminés et dénoncés par des ONG réunies à Cotonou

Cotonou, 25 septembre 2009 (Apic) Une Coalition africaine pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), composée de plus d’une vingtaine d’organisations de la société civile de nombreux pays, a dénoncé «l’accaparement» des terres de culture et l’expropriation des paysans africains de leurs terres.

Cet accaparement se traduit par l’achat et la location à très long terme (de 30 à 99 ans) de grandes superficies de terres agricoles, par des états étrangers, des multinationales et parfois, par des opérateurs économiques privés nationaux au détriment des populations.

A l’issue d’une conférence de cinq jours, tenue du 14 au 18 septembre à Cotonou, au Bénin, les membres de la coalition ont souligné, à titre d’exemple, qu’à Madagascar, l’Etat à concédé plus 1,3 million d’hectares de terres à la société sud-coréenne, Daewo, pour produire du vivier en vue d’exporter vers la Corée.

Ces ONG se fondent sur une enquête intitulé : «Afrique: Les fermiers dépossédés de leurs terres?», publiée en été par l’agence de presse onusienne IRIN.

Au Mali, pouvait-on lire dans ce rapport, repris par les participants au rendez-vous de Cptonou, plus de 300’000 hectares ont été concédés aux industries agro-alimentaires et à des pays tiers comme la Libye, qui à elle seule, a obtenu 100’000 hectares dans la zone de l’Office du Niger. Au Sénégal, au Bénin, au Nigeria, et au Ghana, plusieurs centaines de milliers d’hectares sont vendus soit pour la production d’agro-carburants, soit pour la production vivrière, afin de compenser les déficits alimentaires dans certains pays plus riches.

Pour la COPAGEN, la stratégie «claire de privatisation» des terres et d’expropriations des agriculteurs pauvres, vise à éliminer «progressivement», l’exploitation agricole familiale au profit de l’agro-business et de l’agro-industrie multinationale. Or, les exploitations agricoles familiales ne sont pas de simples unités d’exploitation. Elles sont aussi et surtout un mode de vie. Elles sont la base de la culture et des acteurs de l’aménagement du territoire. Ce système de production a démontré jusqu’ici qu’elle est en mesure d’être compétitive à chaque fois qu’elle reçoit un petit soutien.

Pour arrêter la course «effrénée» vers l’expropriation «légalisée» des terres avec la complicité de certains décideurs, la COPAGEN et ses alliés ont fustigé «énergiquement» la Banque mondiale et les Etats-Unis», qui sont les initiateurs des différentes reformes foncières en cours dans les pays d’Afrique. Elle a mis en garde les dirigeants et les chefs traditionnels en Afrique, qui se rendraient «complices» des actes de cessions et de vente de terres, qu’ils prendront la responsabilité des crises sociales et des conflits sociaux graves, de leur complicité.

La réunion de Cotonou a regroupé des organisations paysannes, quelque 25 ONG, associations de consommateurs, associations de développement, syndicats, mouvements des droits de l’homme, organisations de jeunes, de femmes, ainsi que des personnes morales et physiques, et un représentant de l’Union africaine. (apic/ibc/pr)

25 septembre 2009 | 15:13
par webmaster@kath.ch
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