La fraternité comme catégorie politique

Lugano: Succès de la Journée «Politique: la diversité comme enrichissement»

Lugano, 28 septembre 2009 (Apic) La Journée «Politique: la diversité comme enrichissement» organisée par le «Forum Politique et Fraternité» le 26 septembre à Lugano a connu un franc succès. Plus de 200 personnes d’horizons différents se sont rendues à «l’Université de la Suisse italienne» à Lugano pour débattre du concept de fraternité en politique.

En ouverture de la Journée, Roberto Lurati, président de la commune de Canobbio, a souligné qu’il peut paraître paradoxal que la diversité puisse créer l’harmonie. Ce fut aussi l’impression générale des participants, qui représentaient la diversité du paysage politique helvétique. Nicoletta Mariolini, conseillère communale à Lugano, a invité les participants à explorer plus profondément la signification du thème «enrichissement» au-delà de son aspect économique.

La fraternité comme catégorie politique

La présidente du Conseil national, Chiara Simoneschi-Cortesi, a souligné que «la diversité comme enrichissement» est le fondement de toute coexistence civile. Elle a fait remarquer que «la Suisse s’est renforcée grâce à ses diversités, depuis la Constitution de 1848. Pour la première dame du pays, il ne peut exister d’authentique démocratie que là où il y a diversité des points de vue. Elle s’est dite préoccupée par la tendance actuelle «à enfler la diversité des opinions et à les polariser en deux camps opposés, ce qui entrave le dialogue entre les partenaires.»

L’ancien maire de Syracuse en Sicile est intervenu pour montrer qu’en politique on a tendance à privilégier le conflit au détriment du dialogue. Président du Centre international de «Forum Politique et Fraternité», il voit dans la «fraternité une authentique catégorie politique». Il a insisté sur le fait que comme frères et sœurs, les êtres humains forment une seule humanité qui est le sujet même de la politique. C’est seulement ainsi, a-t-il prétendu, que l’on considère l’individu non comme simple représentant de ses propres intérêts, mais comme partie d’un tout.

Liberté, égalité, fraternité

Le Professeur de philosophie politique, Antonio Maria Baggio a montré l’importance de l’évolution de la devise de la Révolution française, où la fraternité a été comprise pour la première fois en un sens politique. Les concepts de liberté et d’égalité ne se sont peut-être pas pleinement développés, a-t-il défendu, parce que le principe de la fraternité universelle a été oublié. Pour lui, «les trois principes sont intimement liés, et seul un frère ou une sœur peut reconnaître pleine liberté et égalité à ses frères et sœurs», citant un propos de la fondatrice du mouvement des Focolari, Chiara Lubich, qui a aussi contribué au lancement du «Forum Politique et Fraternité».

Pas de consensus à tout prix

Pour le président du Forum, il ne s’agit pas d’obtenir un consensus à tout prix, pour montrer une façade d’unanimité, mais d’accepter et de respecter les autres, même s’ils pensent autrement. C’est aussi ce qu’a défendu Diego Bigger, un jeune politicien bernois, qui a récemment invité à une table ronde les opposants au droit de vote à 16 ans afin de créer un dialogue constructif. Les jeunes ont du reste un rôle déterminant dans le «Forum Politique et Fraternité», car une nouvelle idée peut se réaliser grâce à des esprits ouverts et généreux.

Chiara Simoneschi-Cortesi est convaincue qu’il faut «prouver que nous croyons à ces principes, non seulement en parler, mais les vivre réellement.» (apic/com/js)

28 septembre 2009 | 15:31
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!