Genève: Les luthériens demandent pardon pour les massacres d’anabaptistes au XVIe
Satisfaction dans les rangs de la Conférence mennonite mondiale
Genève, 27 octobre 2009 (Apic) Les dirigeants de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) ont approuvé lundi lors de leur session tenue à Genève une déclaration demandant pardon pour les persécutions menées au XVIe siècle par les luthériens contre les anabaptistes, réformateurs religieux dont les successeurs ont formé des groupes tels que les mennonites, indique mardi l’Agence œcuménique ENI.
«Nous demandons pardon – à Dieu et à nos sœurs et frères mennonites – pour le mal que nos ancêtres du XVIe siècle ont commis envers les anabaptistes», indique la déclaration adoptée à l’unanimité le 26 octobre par le Conseil de la FLM, principal organe directeur du rassemblement d’Eglises.
«Nous prions pour que Dieu accorde à nos communautés la guérison de nos mémoires et la réconciliation», lit-on dans la déclaration, qui a été soumise pour être adoptée officiellement par l’organe directeur suprême de la FLM, l’Assemblée, qui se réunira à Stuttgart, en Allemagne, en juillet 2010.
Les anabaptistes, dont le nom – à l’origine péjoratif – signifie «re-baptiseurs», mettaient l’accent sur la nécessité de baptiser les croyants chrétiens, y compris ceux qui avaient été baptisés dans l’enfance. Ils ont été persécutés en tant qu’hérétiques tant par les protestants que par les catholiques, et nombreux sont ceux qui ont fui en Amérique pour s’y réfugier.
A Genève, le pasteur Larry Miller, secrétaire général de la Conférence mennonite mondiale (CMM), a salué le vote du Conseil de la FLM. Il s’est souvenu que l’Assemblée de la CMM de juillet 2009 à Asunción, Paraguay, avait chaleureusement accueilli la nouvelle indiquant que les luthériens pourraient prendre une telle mesure.
Le pasteur Miller, qui assistait à la réunion de la FLM, a déclaré que cette demande de pardon exigerait également un changement de la part des mennonites.
«Les mennonites ont appris des luthériens que seule la foi peut nous justifier, parce que nous savons que la justification produit non seulement des relations entre nous et Dieu, mais aussi une communion entre les Eglises», a affirmé le pasteur Miller.
Un document présenté au Conseil de la FLM concernant la demande d’excuses qualifie la repentance de «seule réponse adéquate aux persécutions des anabaptistes au XVIe siècle et aux idées reçues sur eux, qui ont suivi depuis cette époque.» Il souligne que la Confession d’Augsbourg de 1530, une des confessions de foi constituant le cœur du luthérianisme, condamne explicitement les anabaptistes et leurs enseignements.
Le document de la FLM constate qu’au XVIe siècle, certains défenseurs des réformes luthériennes comme Johannes Brenz s’opposaient à l’exécution des anabaptistes.
«Pourtant, cette résistance aux persécutions à l’époque de Martin Luther et de Philippe Melanchthon montre que cette position était également possible pour eux», indique le document. Par ailleurs, il existait aussi «des ressources dans la pensée même de Luther qui auraient pu être employées pour s’opposer à l’exécution des anabaptistes.»
Le processus ayant conduit à la déclaration a débuté dans les années 1980, pour le 450e anniversaire de la Confession d’Augsbourg, lorsque les mennonites ont mis en doute l’opportunité de participer à la célébration d’un document qui condamne les anabaptistes. Ainsi a été établie une Commission d’étude internationale luthérienne mennonite, dont le rapport a mis l’accent sur un examen de l’histoire du XVIe siècle et de ses conséquences. (apic/eni/pr)




