Brescia: Le pape rend hommage à Paul VI, «éducateur» parfois incompris et souvent combattu
Benoît XVI a inauguré le tout nouveau siège de l’Institut Paul VI
Concesio, 8 novembre 2009 (Apic) A Concesio, village natal du pape Paul VI au nord de Brescia, Benoît XVI a rendu hommage dimanche 8 novembre à son prédécesseur en voyant en lui un «éducateur» et un «courageux témoin d’espérance». Il a souligné que Paul VI ne fut pas toujours compris et fut souvent combattu. Benoît XVI, après avoir visité la maison natale de Giovanni Battista Montini, inaugurait le tout nouveau siège de l’Institut Paul VI.
La formation des jeunes générations, dont dépend l’avenir, n’a jamais été facile mais elle semble être devenue encore plus complexe à notre époque, a d’abord relevé Benoît XVI avant de noter que «les parents, les enseignants, les prêtres et ceux qui ont des responsabilités éducatives le savent bien».
«Une atmosphère, une mentalité et une forme de culture qui entraînent à douter de la valeur de la personne, de la signification de la vérité et du bien, et en dernière analyse de la bonté de la vie, se répandent», a déploré le pape avant de constater à l’inverse l’existence d’une soif de certitudes et de valeurs. Pour le pape, «il convient alors de transmettre aux générations futures quelque chose de valide, des règles de comportement solides, d’indiquer des objectifs élevés».
Lla rencontre avec le Christ, une expérience éducative libératrice
Fort de ce constat, Benoît XVI a longuement salué, au fil de son discours, l’attention de Giovanni Battista Montini aux questions d’éducation, évoquant à la fois son parcours d’aumônier national des étudiants catholiques italiens, d’archevêque de Milan puis de pape. A propos de ce pontife qui se définissait lui-même comme un «vieil ami des jeunes», Benoît XVI a jugé qu’il avait été un véritable «éducateur», y compris durant «les périodes orageuses et tourmentées, comme en 1968».
Il indiqua avec courage, a encore confié son successeur, le chemin de la rencontre avec le Christ comme une expérience éducative libératrice et la seule véritable réponse aux désirs et aux aspirations des jeunes devenus les victimes de l’idéologie.
Un pape mal compris
«Maître de vie et courageux témoin d’espérance», Paul VI ne fut pas toujours compris, a aussi reconnu Benoît XVI, notant qu’il avait été «combattu et isolé de nombreuses fois par des mouvements alors dominants». Paul VI fut particulièrement attaqué, y compris au sein de l’Eglise, lors de la publication de son encyclique «Humanae vitae» sur le mariage et la régulation des naissances, en juillet 1968, mais aussi, en juin 1967, lors de la publication de son encyclique «Sacerdotalis coelibatus» sur le célibat sacerdotal.
Pour autant, a souligné Benoît XVI, «solide même s’il était physiquement fragile», Paul VI a conduit l’Eglise sans hésitations, «il n’a jamais perdu la confiance des jeunes».
Au cours de cette intervention, Benoît XVI a également évoqué le «lien d’affection et de dévotion» qui l’avait personnellement uni à Paul VI, rappelant que celui-ci l’avait nommé archevêque de Munich en 1977 puis créé cardinal la même année.
A Concesio, Benoît XVI a également remis le «Prix international Paul VI» à la collection française Sources chrétiennes, fondée en 1942 par 4 jésuites, dont Henri de Lubac (1896-1991) et Jean Daniélou (1905-1974). Un prix qu’il a remis au directeur de cette collection de patristique, Bernard Meunier.
Avant d’intervenir dans l’auditorium de l’Institut Paul VI, Benoît XVI avait visité le nouveau siège de cette institution de recherche et d’études sur l’œuvre de son prédécesseur, conduit au fil des salles par son directeur, Giuseppe Camadini. Le pape était aussi accompagné par le cardinal français Paul Poupard, membre de cet institut. Au préalable, à deux pas de là, Benoît XVI avait visité la maison où Giovanni Battista Montini avait vu le jour le 26 septembre 1897. (apic/imedia/ami/be)




