Australie: Une Eglise fustige une banque pour ses liens avec un fabriquant de bombes
L’ANZ accusé d’avoir financer la Lockheed Martin à hauteur de 25,2 millions d’euros
Melbourne, 9 novembre 2009 (Apic) Un responsable d’Eglise australien a sévèrement critiqué l’une des plus grandes banques du pays pour avoir apporté son soutien financier à une société internationale fabriquant des bombes à fragmentation.
L’Eglise unifiante d’Australie a affirmé qu’en 2007, l’Australia and New Zealand Bank (ANZ) avait accordé une ligne de crédit de 37,5 millions de dollars EU (25,2 millions d’euros) à Lockheed Martin, une entreprise qui produit des bombes à fragmentation en dépit d’une convention internationale interdisant leur fabrication, commercialisation et utilisation.
Mark Zirnsak, directeur du département chargé de la justice et de la mission internationale du Synode de Victoria et de Tasmanie, a expliqué que l’ANZ a pour politique de ne pas financer directement la production de bombes à fragmentation ou de mines antipersonnel, mais qu’elle continue de financer des entreprises s’adonnant à ce genre d’activités.
«L’ANZ veut le beurre et l’argent du beurre. Elle ne veut pas qu’on croie qu’elle encourage la production des bombes à fragmentation, mais elle veut continuer à profiter des prêts qu’elle accorde aux entreprises impliquées dans la production de ces armes douteuses», a déclaré Mark Zirnsak.
Selon lui, l’ANZ est la seule grande banque australienne à soutenir la fabrication des bombes à fragmentation.
L’Eglise unifiante d’Australie est la plus grande Eglise du pays. Elle est actionnaire de l’ANZ. Les accusations de l’Eglise interviennent alors que le Parlement australien s’apprête à étudier une recommandation appelant à l’interdiction des investissements australiens dans les entreprises qui produisent des bombes à fragmentation.
Mark Zirnsak a affirmé qu’il venait de découvrir que la banque avait accordé un prêt à Lockheed-Martin en 2007. A cette époque, il négociait avec l’entreprise pour qu’elle retire ses investissements dans les entreprises impliquées dans la fabrication de bombes à fragmentation ou de mines antipersonnel. «A aucun moment l’ANZ n’a révélé qu’elle était en train de financer ce genre d’activités», a déclaré Mark Zirnsak.
Son Eglise continuerait à interpeller l’ANZ sur la question et qu’elle porterait à l’attention du public australien les activités de l’ANZ, a-t-il indiqué à l’Agence ENI.
Un porte-parole de l’ANZ a déclaré dans le journal de Melbourne Age que «la politique de la banque en matière de défense interdit explicitement le financement direct ’d’armes controversées’, mais elle permet le financement général de l’industrie de la défense.»
Pour Mark Zirnsak, cependant, financer une partie d’une entreprise revient à financer toutes les activités de l’entreprise. «L’ANZ ne peut pas prétendre avoir les mains propres». Rappelons qu’une bombe à fragmentation contient une multitude de petits explosifs. Elle est conçue pour s’ouvrir en vol, libérant les explosifs sur une zone étendue. (apic/eni/pr)




