Remous au sein de l’Eglise locale pour une possible «récupération» politique du prélat

Chine: Situation confuse à propos de l’évêque coadjuteur de Baoding

Pékin, 11 novembre 2009 (Apic) La situation de l’évêque coadjuteur de Baoding, en Chine, sorti de la clandestinité en 2006, demeure confuse et provoque des remous au sein de l’Eglise locale, indique Eglises d’Asie.

Agé de 60 ans, Mgr Francis An Shuxin est l’évêque coadjuteur du diocèse de Baoding, un des bastions de l’Eglise catholique en Chine, situé dans la province du Hebei. En août 2006, après dix années de détention en résidence surveillée, Mgr An a été libéré en acceptant d’exercer son ministère au grand jour, sans pour autant adhérer à l’Association patriotique des catholiques chinois, l’organe mis en place par le régime communiste pour imprimer sa politique sur l’Eglise catholique. Trois ans plus tard, des informations faisant état de l’adhésion de Mgr An à l’Association patriotique provoquent de forts remous.

De fait, la situation de Mgr An, qui a choisi de sortir de la clandestinité pour œuvrer à la communion des communautés catholiques chinoises peu avant la publication, en 2007, de la lettre de Benoît XVI aux catholiques de Chine, peut être caractérisée par un certain isolement. A Baoding, où les neuf dixièmes des catholiques sont résolument «clandestins», la démarche de Mgr An en 2006 n’avait pas été comprise. Son éventuelle adhésion à l’Association patriotique ne peut qu’accentuer l’ostracisme, sinon le rejet, dont il est l’objet de la part d’une partie des « clandestins », prêtres et laïcs confondus.

Certains catholiques sur place affirment que Mgr An a «subi des pressions» de la part de Rome, plus particulièrement de la part de la Congrégation de l’évangélisation des peuples (CEP), pour rejoindre l’Association patriotique. De manière très inhabituelle, la CEP a publié une mise au point sous la forme d’un communiqué de presse, daté du 31 octobre et diffusé le 3 novembre par son agence d’information, l’agence Fides, dans lequel il apparaît que la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples «rejette catégoriquement ces affirmations qui sont dénuées de tout fondement».

Selon les observateurs, on peut craindre que les informations et rumeurs qui se propagent ces temps-ci ne fassent qu’accentuer la division de la communauté catholique locale, Le risque étant qu’un diocèse comme celui de Baoding devienne aussi difficile à gérer que certains diocèses du Fujian, où les divisions intestines nuisent gravement à la vie de l’Eglise, écrit Eglises d’Asie. (apic/eda/pr)

11 novembre 2009 | 09:08
par webmaster@kath.ch
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