Ghana: Les évêques condamnent la dégradation des mœurs
Meurtres rituels, pédophilie, homosexualité augmentent dans le pays
Accra, 24 novembre 2009 (Apic) La Conférence épiscopale du Ghana (CEG) a condamné les meurtres rituels, en augmentation dans le pays. Elle a aussi dénoncé la pédophilie, l’inceste, l’homosexualité, la cupidité, la corruption, et la violence.
La Conférence épiscopale du Ghana était en session plénière du 6 au 13 novembre à Yendi (nord) sur le thème : «L’Eglise au Ghana, au service de la réconciliation, de la justice et de la paix: Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde (Matthieu 5:13, 14)».
Dans une déclaration finale publiée sur le site www.publicagenda.com, la Conférence a déploré le fait que certains Ghanéens se soient «progressivement» écartés des exigences leur culture traditionnelle, axée sur le respect de la vie et des aînés, la décence, la promotion de la justice et la paix par le dialogue et l’hospitalité.
Selon les évêques ghanéens, le dédain et le mépris pour cette culture ont fait perdre les valeurs traditionnelles. Ce qui se traduit, pour la population, par le rejet de la crainte du Dieu, qui à son tour, a conduit à la dégradation des mœurs.
L’industrie minière doit profiter à tous
Après avoir entendu des experts de l’industrie minière, sur ses aspects négatifs et positifs pour le pays, la CEG a estimé que ce secteur de l’économie nationale doit être examiné avec soin par les différents partenaires (Etats, sociétés extractives, et populations riveraines), afin que le pays tire profit des retombées économiques. Elle ne doit pas entraîner l’augmentation de la pauvreté et le déni des droits de l’homme.
La CEG veut promouvoir l’aide aux personnes accusées de sorcellerie
Durant leur conférence à Yendi, les évêques ghanéens ont visité un village de «sorciers» situé dans ce diocèse. Ce qui leur a permis de prendre conscience des conditions de vie difficile dans les villages «aux sorciers» qui sont nombreux au Ghana. Dans ces localités, vivent abandonnées des personnes accusées de sorcellerie. Pour les évêques de la CEG, il y a lieu d’offrir, en premier lieu, une protection aux personnes accusées de sorcellerie, pour la plupart des femmes. «Nous exhortons le département (ministère) des affaires sociales, les Organisations non gouvernementales, les organisations confessionnelles, les fidèles catholiques, à appuyer le diocèse de Yendi dans sa prise en charge pastorale de ces villages en apportant un secours à leurs habitants», a plaidé la CEG.
Une paix à consolider
Pour les évêques du Ghana, la rencontre de Yendi a aussi été l’opportunité de se pencher sur les événements inter-ethniques qui ont eu lieu dans la région, il y a quelques années. A ce sujet, ont-ils dit, ils ont discuté avec les autorités traditionnelles et les autorités civiles, ainsi qu’avec d’autres groupes sociaux.
«Nous sommes heureux d’avoir été rassuré par ces interlocuteurs traditionnels, religieux, politiques, qui nous tous dit que la violence est maintenant une chose du passé à Yendi», ont noté les évêques ghanéens.
En dépit de cette assurance, ont-ils toutefois fait remarquer, «nous sommes d’avis qu’il y a encore quelques obstacles à surmonter pour consolider la paix dans la province et la rendre durable. Ils ont cité en exemple, le chômage des jeunes, invitant, à ce sujet, le gouvernement «à accélérer» la mise en œuvre des programmes de développement de la région. La création d’emplois dans l’agriculture contribuera à résoudre le problème des jeunes désœuvrés, qui sont facilement manipulables par des personnes mal intentionnées, dans le but d’attiser la flamme de la violence dans la région. (apic/ibc/js)




