Rome:Le pape et le primat de la Communion anglicane ouvrent la voie au dialogue
En dépit du dogme de l’infaillibilité du pape
Rome, 24 novembre 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI et l’archevêque de Cantorbéry Rowan Williams ont déclaré que les relations entre l’Eglise catholique romaine et la Communion anglicane ne seront pas entravées par la récente proposition du Vatican de permettre à d’anciens anglicans de maintenir certaines de leurs traditions s’ils se convertissent au catholicisme.
Un communiqué officiel publié après une réunion organisée le 21 novembre au Vatican entre les deux leaders chrétiens souligne qu’ils réitèrent leur « volonté partagée de poursuivre et de consolider la relation œcuménique entre catholiques et anglicans ».
Une commission préparant la troisième étape d’un dialogue théologique international entre la Communion anglicane et l’Eglise catholique doit se réunir dans les prochains jours, précise le communiqué.
Cette rencontre était la première entre le pape Benoît XVI et l’archevêque Williams, primat de la Communion anglicane mondiale, depuis la publication par le Vatican de nouvelles procédures pour les anglicans qui souhaitent rejoindre l’Eglise catholique.
Cette annonce avait été faite par la Congrégation pour la doctrine de la foi, au Vatican. Dans les milieux anglicans, on se serait toutefois plaint de la façon dont elle a été faite et du moment choisi pour la faire.
Selon le journal londonien Guardian, un porte-parole de l’archevêque a affirmé que lors de sa rencontre avec le pape, Rowan Williams a exprimé sa préoccupation au sujet du décret annonçant les arrangements spéciaux et des circonstances de son annonce.
Lors de l’annonce, l’archevêque Williams a indiqué, dans une lettre adressée aux responsables anglicans du monde entier, qu’on ne l’avait informé de la décision qu’à « un stade très avancé. »
Le communiqué publié après leur rencontre du 21 novembre précise que le pape et l’archevêque avaient discuté des « récents événements affectant les relations entre l’Eglise catholique et la Communion anglicane. »
La question de la primauté du pape toujours à l’ordre du jour dans les relations
Toutefois, le communiqué souligne la nécessité de promouvoir des « formes de collaboration et de témoignage commun » en réponse aux « défis auxquels sont confrontées les communautés chrétiennes au début de ce millénaire ».
Lors d’une conférence donnée à Rome avant de rencontrer le pape, l’archevêque Williams a évoqué la « forte convergence » exprimée dans les documents élaborés par le passé dans le cadre du dialogue anglican-catholique. A la lumière de cette convergence, l’archevêque s’est demandé si les questions qui divisent les deux traditions, comme le rôle et les pouvoirs du pape, conservent le même poids.
Il s’est interrogé : « Est-il possible, par exemple, de créer un modèle d’unité avec une communion d’Eglises ayant des attitudes différentes vis-à-vis de l’expression de la primauté du pape ? »
Sur le site web d’America Magazine, publié aux Etats-Unis, le journaliste catholique Austen Ivereigh écrit que le dialogue entre les deux traditions « semble repartir après avoir été pendant plusieurs années au point mort. »
Il indique qu’un important conseiller de l’archevêque Williams, Jonathan Goodall, reste à Rome pour préparer dans les prochains jours l’étape suivante du dialogue anglican-catholique.
« Les anglicans préparent-ils un plan – un «pacte» qui engagerait les Eglises de tradition (catholiques, anglicanes, orthodoxes) dans une collaboration plus étroite, en reconnaissant le pape en tant que ›centre de l’unité’ mais pas les pouvoirs que lui donne Vatican I ? Affaire à suivre. »
Austen Ivereigh – autrefois conseiller du cardinal Cormac Murphy-O’Connor, ancien chef des catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles – faisait allusion à la décision du Concile Vatican I, en 1870, d’élever l’infaillibilité pontificale au rang de dogme. (apic/eni/js)




