Québec: Fin des absolutions collectives dans le diocèse de Trois-Rivières

Mgr Martin Veillette se conforme aux directives de Rome

Trois-Rivières, 6 décembre 2009 (Apic) Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, au Québec, s’est finalement conformé aux directives de Rome en mettant un terme aux absolutions collectives dans son diocèse. Rome demandait un ajustement de ces pratiques depuis 2002, suite au motu proprio du pape Jean Paul II «Misericordia dei, sur certains aspects de la célébration du sacrement de pénitence».

«Il s’agit d’un changement de cap délicat qui rouvre le débat sur le sacrement du pardon», rapporte la Radio Ville-Marie, la radio chrétienne du Québec. La mise en œuvre des nouvelles orientations diocésaines a été fixée au 1er dimanche de l’Avent, le 29 novembre dernier.

Mgr Martin Veillette, qui n’a pris cette décision de gaîté de cœur, relève cependant que «la célébration de la pénitence et de la réconciliation avec aveu et absolution collectifs n’est pas abolie, mais cette pratique est maintenant soumise à des règles beaucoup plus strictes. Cette pratique doit être exceptionnelle, réservée à des cas de grave nécessité. Seul l’évêque diocésain est juge de ces situations et peut autoriser la célébration de la réconciliation selon cette forme». L’absolution collective continue de se pratiquer dans certains diocèses du Québec, mais à chaque fois des autorisations doivent être données par l’évêque.

Il déplore le «style très juridique et même casuistique» du décret des évêques

L’évêque de Trois-Rivières, un diocèse quasiment aussi grand que la Belgique, estime que de telles situations peuvent se présenter dans son diocèse, étant donné les distances – on peut compter 500 km entre Trois-Rivières et la paroisse la plus éloignée – et le manque de prêtres. Mgr Martin Veillette relève qu’ainsi des exceptions à la règle existent de fait. Il a déclaré sur les ondes de Radio Ville-Marie qu’il aurait attendu du décret au sujet des absolutions collectives adopté par la Conférence des évêques catholiques du Canada «un ton beaucoup plus pastoral», déplorant son «style très juridique et même casuistique».

La Conférence épiscopale rappelle que l’attention doit se porter avant tout sur la première forme liturgique de la réconciliation, caractérisée par la réconciliation individuelle des pénitents. Ils spécifient que la troisième forme du Rite pénitentiel, l’absolution collective, est «exceptionnelle et régie par des normes particulières».

De son côté, le Réseau des Forums André-Naud, mouvement de prêtres et de fidèles voué à la liberté de pensée et d’expression dans l’Eglise catholique, a lancé sur la question une pétition dans une trentaine de paroisses des diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet, recueillant plus de 5’000 signatures. (apic/rvm/be)

6 décembre 2009 | 15:24
par webmaster@kath.ch
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