Pour Ueli Maurer, la Suisse a osé parler d’un «sujet tabou»
Suisse: Initiative sur les minarets: réaction d’un Conseiller fédéral
Zurich, 4 janvier 2010 (Apic) En acceptant l’initiative anti-minaret, la population suisse a compris qu’il fallait mettre à l’ordre du jour du monde occidental un «sujet tabou», a déclaré le Conseiller fédéral Ueli Maurer dans une interview au «Sonntagsblick». Il ne s’agit pas, a-t-il dit, de la question des minarets, mais de la cohabitation des cultures. Vu sous cet angle, le résultat de la votation du 29 novembre est, pour lui, un «bon indicateur».
Il s’agit maintenant de poursuivre «correctement» la discussion et de ne pas en rester à une question de construction, a déclaré le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).
Il s’agit de «trouver pour le long terme un bon chemin pour la cohabitation des cultures». Selon Ueli Maurer, une interdiction du port de la burqa ou de la construction de minarets ne saurait résoudre le problème. S’il ne peut encore donner aucune solution concrète au problème de la cohabitation, il pense qu’on devrait réfléchir dès maintenant «comment traiter le choc des cultures et quelles règles nous devrions établir pour que la cohabitation soit possible.»
Un problème longtemps sous-estimé
Ueli Maurer estime que le problème a longtemps été sous-estimé et «rejeté à l’arrière-plan». Aujourd’hui, on est choqué par la manière dont la question des minarets a été mise en avant et par l’ampleur du résultat de la votation. C’est à vrai dire la première initiative sur les étrangers depuis les années 1970 qui a été acceptée: «La mauvaise humeur accumulée depuis plus de trente ans, s’est exprimée dans cette initiative», a conclu le ministre.
Ueli Maurer appartient à l’Union démocratique du Centre (UDC). Ce sont justement des politiciens de ce parti qui ont fortement soutenu cette initiative. (apic/sb/job)




