Nouveaux incidents malgré une «volonté» timide d’un retour au calme
Malaisie: La controverse sur l’utilisation du mot «Allah» par les chrétiens continue
Kuala Lumpur, 18 janvier 2010 (Apic) Un onzième lieu de culte chrétien a été la cible d’actes de vandalisme samedi 16 janvier, indique Eglises d’Asie (EdA). Des jets de pierre ont brisé plusieurs vitres de l’église baptiste Grace Global Prayer, située à Seremban, capitale de l’Etat du Negeri Sembilan.
Deux jours plus tôt, c’est une église catholique à Johor qui a été vandalisée, alors que, rappelle EdA, dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14, les bureaux des avocats du Herald – The Catholic Weekly, l’hebdomadaire catholique au cœur de la polémique liée à l’utilisation par les chrétiens du mot «Allah», étaient cambriolés et saccagés.
De plus, le 15 janvier, et cela pour la première fois depuis le déclenchement de la polémique sur cette affaire, un lieu de culte musulman a été pris pour cible: dans l’Etat de Sarawak, sur l’île de Bornéo, des bouteilles ont été lancées contre les murs extérieurs d’une mosquée.
Pourtant, note Eda, une volonté de calmer le jeu et pour un retour au calme prédomine actuellement dans la controverse.
Pour un certain nombre de chrétiens et de musulmans de Malaisie, s’il est trop tôt pour que la crise ouverte par les attaques de lieux de culte chrétiens soit refermée, la polémique ainsi créée a ceci de positif qu’elle a ouvert un espace de dialogue sur un sujet jusqu’ici en grande partie tabou.
Le 11 janvier dernier, un débat public a ainsi pu être organisé par des associations de jeunesse issues de milieux universitaires. L’Association des étudiants musulmans de l’Université Malaya, l’ONG Free Public Forum et des jeunes de la minorité chinoise ont réuni un millier de personnes à Kuala Lumpur pour une table ronde .
Cet échange, assure EdA, a permis de démentir le mythe selon lequel les Malaisiens de manière générale et les Malais en particulier ne peuvent se réunir pour débattre sur des sujets tenus pour sensibles. Là où le gouvernement ne promet que des échanges à huis clos, la société civile indique qu’elle est mûre pour initier et mener un dialogue sans que le gouvernement soit impliqué dans l’affaire. » Cela montre que les gens, particulièrement les jeunes générations, ont la volonté de débattre sereinement des choses», estime un pasteur protestant.
Si, pour l’heure, aucune date n’a été fixée quant au jugement en appel relatif à l’autorisation donnée aux chrétiens d’utiliser le mot «Allah», une nouvelle affaire judiciaire se profile à l’horizon. Originaire de l’Etat de Sarawak, une chrétienne de 27 ans conteste en effet en justice le fait qu’elle se soit vue confisqué, au retour d’un voyage en Indonésie, un lot de sept CD portant le mot «Allah». La haute cour de justice a fixé au 15 mars 2010 la première audition de la plainte déposée par la jeune femme. (apic/eda/pr




