Afrique du Sud: Le président Zuma dans le collimateur des Eglises
Pluies de critiques contre Zuma
Le Cap, 15 février 2010 (Apic) Le président Zuma est dans le collimateur des Eglises sud-africaines. Elles l’accusent de ne pas tenir ses promesses et d’avoir négligé le rôle des Eglises dans la lutte contre l’apartheid, au cours d’un discours parlementaire prononcé en présence de Nelson Mandela.
En réaction au discours du président Zuma, deux députés – qui sont également pasteurs – l’ont exhorté à tenir les promesses faites lors de sa précédente allocution annuelle sur l’état de la nation.
«Tous les rapports indiquent que la situation en matière de pauvreté reste critique», a déclaré le pasteur Mvume Dandala, leader du Congrès du peuple, un parti dissident issu du parti majoritaire, le Congrès national africain (ANC).
Mvume Dandala est un pasteur méthodiste et l’ancien secrétaire général de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique, basée à Nairobi, au Kenya. «Nous voulons que Jacob Zuma nous fasse un compte rendu honnête des points qui ont été tenus dans sa longue liste de promesses faites l’année dernière», a déclaré le pasteur Dandala au Parlement sud-africain.
Le pasteur Dandala, qui a joué un rôle similaire à celui de Nelson Mandela et d’un autre lauréat du prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu, dans la lutte contre l’apartheid, s’est dit déçu que «pas un mot sur la communauté religieuse n’ait été prononcé par le président lorsqu’il a remercié les personnalités de la lutte contre l’apartheid». Selon Mvume Dandala, Jacob Zuma aurait en outre dû présenter des excuses pour sa politique de ’tirer pour tuer’, mise en place en 2009 pour lutter contre la criminalité, qui avait suscité un tollé suite à la mort d’innocents.
La Conférence épiscopale d’Afrique du Sud a pour sa part exprimé sa «vive préoccupation» face au comportement «scandaleux des dirigeants» du pays qui «bafouent les normes de moralité». La déclaration faisait allusion à une révélation, le 2 février dernier, du président sud-africain, Jacob Zuma. Le chef de l’Etat a surpris les sud-africain en révélant être père d’un 20e enfant, après la naissance hors mariage d’un bébé avec la fille de l’un de ses anciens amis, le 8 octobre 2009. L’opposition à son régime l’a qualifié «d’irresponsable», alors que d’autres sud-africains ont condamné sa pratique de adultère. En 2006, il avait créé une polémique en révélant aussi s’être débarrassé du virus du sida en prenant une douche, après un rapport non protégé avec une jeune séropositive. (apic/eni/arch/pr)




