Allemagne:Protestants et catholiques regrettent la démission de Margot Kässmann

Une femme unanimement appréciée

Trèves, 25 février 2010 (Apic) Des responsables protestants et catholiques romains ont exprimé leurs regrets suite à la démission de l’évêque Margot Kässmann, première femme à avoir été élue à la tête de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD), qui représente 24 millions de protestants allemands.

Lors d’une conférence de presse donnée le 24 février à Hanovre, dont elle était l’évêque résidente, Margot Kässmann a déclaré qu’elle démissionnait de ses fonctions dirigeantes, quelques jours après avoir été arrêtée pour conduite en état d’ivresse. Lors de cette annonce, elle était accompagnée de ses quatre filles adultes.

Margot Kässmann a déclaré avoir renoncé à ses fonctions d’évêque et de chef de l’EKD, mais qu’elle continuerait à officier en tant que pasteure.

« Samedi dernier, j’ai commis une faute grave que je regrette profondément », a déclaré Margot Kässmann à la conférence de presse. « Je n’aurais plus eu à l’avenir la liberté de juger des défis éthiques et politiques. Je démissionne donc immédiatement de toutes mes responsabilités ecclésiastiques. J’ai consacré toute mon énergie à ces fonctions. »

Margot Kässmann, qui est luthérienne, a ajouté: « Je reste pasteure de l’Eglise du Hanovre. »

Jusqu’à sa démission, elle était présidente du Conseil de l’EKD, l’organisation faîtière de la majorité des protestants d’Allemagne. Le 20 février au soir, elle a été arrêtée ivre au volant à Hanovre après avoir brûlé un feu rouge. Son taux d’alcoolémie était trois fois supérieur à la limite tolérée.

Le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), a déclaré à la correspondante d’ENI: « En tant que responsable d’Eglise, Margot Kässmann a apporté des contributions inestimables au travail de la FLM et à la communauté œcuménique globale, non seulement en Allemagne, mais dans le monde entier. »

Le vice-président du Conseil de l’EKD, Nikolaus Schneider, président de l’Eglise évangélique de Rhénanie, ainsi que la dirigeante du Parti vert et vice-présidente du Parlement allemand, Katrin Göring-Eckardt, ont publié un communiqué conjoint regrettant la décision de Margot Kässmann de démissionner.

Une femme d’Eglise unanimement appréciée

« Sa franchise et la clarté de ses positions théologiques, sociopolitiques et sociétales manqueront à l’Eglise évangélique d’Allemagne », ont-ils affirmé dans le communiqué. « Sa démission est un coup dur porté au protestantisme allemand. Cette décision nous affecte personnellement. Néanmoins, sa décision de démissionner reflète également cette franchise que nous apprécions chez Margot Kässmann. »

Le président de la Conférence épiscopale (catholique romaine) d’Allemagne, l’archevêque Robert Zollitsch, a quant à lui déclaré: « Je regrette la démission de la présidente du Conseil de l’EKD, l’évêque Margot Kässmann, avec laquelle je venais de commencer à travailler sur des questions d’intérêt commun. Je connais Mme Kässmann depuis un certain temps et c’est une personne qui sait assumer ses responsabilités; c’est pourquoi je respecte sa décision et comprends qu’elle l’ait prise. »

Le journaliste Heiner Bremer a déclaré à la chaîne d’information allemande n-tv que cette démission pourrait causer du tort à l’EKD. Pour lui, la démission de Margot Kässmann est « la deuxième perte grave » de l’EKD, depuis que Wolfgang Huber, prédécesseur de Margot Kässmann, a pris sa retraite en octobre 2009.

Selon Heiner Bremer, il n’était pas nécessaire que Margot Kässmann démissionne. Cependant, sa décision pourrait aussi être la conséquence de la campagne hostile dont elle était la cible depuis les déclarations controversées qu’elle a faites en début d’année sur le rôle des forces armées allemandes en Afghanistan.

Faisant manifestement allusion à l’incident de la conduite en état d’ébriété, Heiner Bremer a affirmé que Margot Kässmann a fait l’objet de critiques plus virulentes que si elle avait été un homme. (apic/eni/js)

25 février 2010 | 16:18
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!