Un «acte diabolique», pour les Eglises du pays
Pakistan: Les décapitations de sikhs révèlent les dangers» auxquels sont confrontées les minorités religieuses
Bangalore, Inde, 4 mars 2010 (Apic) Selon l’agence de presse ENI, des organisations chrétiennes du Pakistan et d’Inde se sont joints à des responsables politiques et religieux pour condamner la récente décapitation de deux jeunes hommes sikhs par un groupe taliban au Pakistan. Elles ont exigé des mesures de sécurité pour les minorités religieuses de ce pays majoritairement musulman.
« Nous condamnons cet acte diabolique », a déclaré Victor Azariah, secrétaire général du Conseil national des Eglises du Pakistan, lors d’une interview par téléphone avec le correspondant d’ENI le 1er mars. « Il s’agit là d’un nouvel exemple de l’insécurité croissante que connaissent ici les minorités religieuses. »
La Commission nationale de Justice et paix de l’Eglise catholique romaine au Pakistan a quant à elle indiqué que « l’inquiétude est à son comble » suite à la décapitation de Jaspal Singh et Mahal Singh, dont les corps ont été retrouvés le 21 février dans la ville de Bara, située dans la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest, une province agitée limitrophe de l’Afghanistan.
Un groupe pro-talibans avait enlevé les deux jeunes sikhs ainsi que deux autres jeunes hommes en janvier dans la région de Khyber, exigeant une rançon de 30 millions de roupies pakistanaises (257’900 euros) pour la libération de leurs prisonniers.
Le 1er mars, l’armée pakistanaise a porté secours aux deux autres sikhs kidnappés, Gurvinder Singh et Gurjit Singh, lors d’un raid au cours duquel plusieurs ravisseurs ont été tués.
Les quatre sikhs, qui portaient le turban traditionnel, étaient venus s’installer dans la ville de Peshawar pour échapper aux extrémistes dans cette région où les groupes islamistes ont imposé en 2009 une « taxe religieuse » sur les minorités, menaçant celles et ceux qui refusent de s’en acquitter.
Des actes qui ne sont pas isolés
La commission catholique, dirigée par l’archevêque de Lahore Lawrence Saldanha, président de la Conférence épiscopale du Pakistan, a déclaré que ce genre d’incidents violents constitue « une menace grave à la vie, à la liberté et aux biens des membres des minorités religieuses dans le pays ».
« Il ne s’agit pas d’un incident isolé de brutalité contre les minorités religieuses du Pakistan. De tels incidents se sont produits par le passé, causant des victimes parmi les communautés sikh, hindoue et chrétienne », a affirmé la commission.
Les minorités religieuses représentent moins de 5% des 174 millions d’habitants du Pakistan, où l’immense majorité de la population est musulmane, pour la plupart sunnites.
Dans un communiqué citant Nadeem Anthony, membre chrétien de la Commission des droits de l’homme du Pakistan, l’organisation Minorities Concern of Pakistan a souligné que seul un petit nombre de sikhs, d’hindous et de chrétiens demeurent dans les zones tribales du pays.
Selon Minorites Concern of Pakistan, la plupart des minorités ont quitté la région après que les talibans eurent demandé aux commerçants sikhs et autres de se convertir à l’islam, de partir ou de s’acquitter de la « jazia », taxe islamique imposée aux non-musulmans. (apic/eni/js)




