Rome: La cause de béatification de Mgr Romero n’avance pas, confie le Vatican
Bloquée à Rome pour des raisons idéologiques
Rome, 24 mars 2010 (Apic) Ouverte en 1993, la cause de béatification de l’archevêque salvadorien Mgr Oscar Romero (1917-1980), assassiné il y a 30 ans alors qu’il célébrait la messe, «n’avance pas», ont confié à I.MEDIA des sources proches du dossier. La cause de cet évêque assassiné par les escadrons de la mort, qui fut l’un des porte-drapeaux de la théologie de la libération, a longtemps été bloquée à Rome pour des raisons idéologiques.
«La cause de Mgr Romero n’avance pas, tout est calme», confie-t-on ainsi à Rome 30 ans après la mort de l’archevêque de San Salvador. Pourtant, ces derniers mois, rapporte pour sa part le quotidien français La Croix dans son édition du 24 mars, la Conférence épiscopale du Salvador a écrit à Benoît XVI pour demander «la conclusion rapide» de ce procès. Lors d’une conférence de presse, l’archevêque de San Salvador a récemment indiqué que la cause était «dans une phase avancée» tout en disant ne pas savoir «combien de temps il faudrait» avant que Mgr Romero soit déclaré bienheureux.
Le processus de béatification de Mgr Romero a commencé lorsque son archidiocèse a mis en place, en 1993, un tribunal ecclésiastique spécial chargé d’examiner ses homélies, ses écrits et ses lettres personnelles. Ce même tribunal a aussi collecté des témoignages concernant les 4 années passées par l’évêque à la tête du diocèse. Envoyés au Vatican en 1997, les résultats de cette enquête préliminaire ont été remis à la Congrégation pour les causes des saints. Le dossier est aussi passé entre les mains de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de son préfet de l’époque, le cardinal Joseph Ratzinger.
Récupération politique de certains groupes
Dans l’avion qui le menait au Brésil le 9 mai 2007, Benoît XVI avait répondu librement aux questions des journalistes et évoqué, entre autres, la cause de béatification de Mgr Romero. Interrogé par I.MEDIA à ce sujet, Benoît XVI avait alors qualifié Mgr Romero de «grand témoin de la foi». Le lendemain, le Saint-Siège avait retranscrit les propos du pape dans l’avion, rapportant aussi ce qu’il avait dit concernant la récupération politique de Mgr Romero – «certains groupes politiques ont voulu en faire leur porte-drapeaux» – mais la version officielle du Vatican n’avait cependant pas repris la phrase suivante prononcée par le pape: «Je ne doute pas que lui-même mérite d’être béatifié, mais nous devons considérer le contexte».
Le 24 mars 1980, Oscar Romero, archevêque de San Salvador, était assassiné alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence, dans la capitale salvadorienne. Pendant ses obsèques, le 30 mars 1980, l’armée avait tiré sur la foule, faisant plusieurs dizaines de victimes. Une commission de l’Onu a ensuite établi que son assassinat avait été ordonné par des militaires de son pays. Dès sa nomination, en 1977, il était entré en conflit avec la haute bourgeoisie, l’armée et le pouvoir, défendant ›l’option préférentielle pour les pauvres’. La veille de sa mort, il avait demandé aux soldats de refuser d’obéir aux ordres de tuer, malgré les menaces de mort perpétrées à son endroit.
Dans le cadre du 30e anniversaire de son assassinat, l’assemblée législative du Salvador a approuvé le 4 mars dernier un décret selon lequel la journée du 24 mars serait désormais dédiée à Mgr Romero. (apic/imedia/ami/bb)




