Suisse: Cas d’abus sexuels, la Conférence des évêques suisses se concerte
Consciente de son importance, la CES ne pensait pas que cette question prendrait de telles proportions
Fribourg, 29 mars 2010 (Apic) La Conférence des évêques suisses (CES) se concerte actuellement sur la meilleure façon de répondre aux questions posées par les affaires d’abus sexuels commis par des membres du clergé qui éclatent un peu partout en Suisse. Certes, la CES est depuis longtemps consciente du problème, relève son porte-parole Walter Müller, interrogé lundi 29 mars par l’Apic. Ainsi, elle avait déjà publié en 2002 des directives sur les abus sexuels dans le cadre de la pastorale (*). C’est dire si elle était consciente de l’importance de la question, relève-t-il, mais les évêques ne pensaient pas qu’elle prendrait aujourd’hui de telles proportions.
La CES ne sait pas encore si elle mettra sur pied une assemblée extraordinaire consacrée à ce sujet avant son assemblée ordinaire du 31 mai, ou si les évêques se concerteront par courrier. Elle devra notamment se déterminer si l’établissement d’une «liste noire» des prêtres pédophiles est adéquate ou non. «La question d’un registre doit être étudiée de près; on doit voir les avantages et les inconvénients d’un tel modèle. Tous les évêques sont d’avis qu’il faut encore améliorer l’information avant tout lors de l’engagement de prêtres et de religieux venant de l’étranger. En effet, au niveau suisse, l’échange d’informations entre les diocèses fonctionne assez bien», relève Walter Müller.
L’Eglise doit faire en sorte de retrouver sa crédibilité
Le chargé d’information de la CES admet qu’en raison de ces affaires, l’Eglise catholique en Suisse traverse une phase difficile. «Il faut en Suisse clarifier tous les cas, nous avons lancé un appel à toutes les victimes afin qu’elles s’annoncent. L’Eglise doit faire en sorte de retrouver sa crédibilité mise à mal par ces affaires à répétition».
«Plus de good news», une campagne à l’occasion du Dimanche des médias
A l’occasion du Dimanche des médias de l’Eglise catholique, célébré en Suisse le 16 mai prochain, la Commission des médias de la CES a choisi le slogan: «Plus de good news». 5’000 affiches seront envoyées dans les 2’000 paroisses de Suisse. La Commission a hésité sur l’opportunité d’une telle campagne en plein scandale, mais le slogan avait été choisi en novembre dernier déjà, soit avant que n’éclate la vague d’annonces de cas d’abus sexuels. Cette campagne est conçue par le célèbre designer zurichois Beda Achermann, qui compte parmi ses clients, notamment la Migros ou Swisscom. Pour le professionnel, cité par le journal alémanique du dimanche «Sonntag», on doit justement lancer la campagne maintenant.
Outre la campagne d’affichage, l’Eglise catholique recherche les «bonnes nouvelles» également sur internet: le 15 avril, elle présentera dans les trois langues nationales son nouveau site internet: plus-de-good-news.ch. Les paroisses et les fidèles pourront mettre sur ce site des bonnes nouvelles. Avec cette campagne, l’Eglise catholique cherche à regagner la confiance du public, et malgré la crise actuelle, les bonnes nouvelles doivent pouvoir également être publiées.
«Nous voulons encourager les gens dans les paroisses en ces temps difficiles»
«Nous voulons encourager les gens dans les paroisses en ces temps difficiles», affirme pour sa part Daniel Kosch, secrétaire général de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (CCCRS/RKZ) à Zurich. «L’Eglise n’est pas seulement là pour les bonnes nouvelles, mais aussi pour les hommes qui sont aidés dans la crise et dans la détresse économique», déclare-t-il dans le «Sonntag». Actuellement, la Bonne Nouvelle annoncée par l’Eglise peine à se faire entendre, «mais nous en sommes en partie nous-mêmes responsables», admet Daniel Kosch. Pour Melchior Etlin, responsable de la logistique du Dimanche des médias, «on ne peut condamner toute l’Eglise; il ne se peut pas que l’on ne puisse plus dire qu’il y a aussi de bons prêtres, qu’ils ne sont pas tous pédophiles! L’Eglise fait aussi beaucoup de bien», insiste-t-il. JB
(*) Le document «Abus sexuels dans le cadre de la pastorale» a été adopté en décembre 2002. Il traite aussi bien de la prévention que des mesures à prendre dans les diocèses en cas d’abus sexuel de la part d’une personne engagée en pastorale. (apic/com/be)




