L’Eglise doit «poursuivre sa collaboration» avec la Justice
Rome: Pédophilie: le pape prêt à rencontrer les victimes, assure son porte-parole
Rome, 9 avril 2010 (Apic) Alors que se multiplient les nouvelles révélations sur la pédophilie de membres de l’Eglise, dont les dernières, en Norvège, au Brésil, à Malte et au Danemark, notamment, le Vatican défend la droiture et la rigueur du pape à propos des attaques de plus en plus fréquentes contre sa personne. Le pape se dit en outre prêt à rencontrer les victimes, indique le Vatican.
L’Eglise doit «poursuivre sa collaboration» avec la Justice, «seul moyen de rétablir la confiance», a déclaré vendredi le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, dans une déclaration à Radio Vatican.
Dans un climat marqué par une «série ininterrompue de ›révélations’ partielles ou présumées» de scandales de pédophilie impliquant le clergé et «cherchant à miner la crédibilité» de Benoît XVI, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a tenu, le 9 avril 2010, à saluer la «droiture» et la «rigueur» du pape. Le père Federico Lombardi, pour qui «les critiques et les insinuations infondées ne manquent pas», a également évoqué la volonté de Benoît XVI de rencontrer les victimes et la nécessaire collaboration entre l’Eglise et la justice civile.
Dans un commentaire diffusé sur Radio Vatican, le porte-parole du Vatican a ainsi affirmé que Benoît XVI était un «guide cohérent sur la voie de la rigueur et de la vérité» et méritait à ce titre «tout le respect et le soutien qui lui parviennent». Selon le père Lombardi, le pape «est un pasteur à la hauteur pour affronter avec une haute droiture et avec sécurité cette période difficile où les critiques et les insinuations infondées ne manquent pas».
«Nous l’accompagnons et nous apprenons grâce à lui la constance nécessaire pour grandir dans la vérité, dans la transparence», a ensuite soutenu le père Lombardi, soutenant que l’Eglise demeure «ouverte aux graves problèmes du monde en répondant avec patience à la série ininterrompue de ›révélations’ partielles ou présumées cherchant à miner la crédibilité du pape et celle d’autres institutions».
«Si nous voulons servir et ne pas embrouiller nos contemporains, a également assuré le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, nous avons besoin de cet amour patient et ferme de la vérité dans l’Eglise, dans la société où nous vivons, lorsque nous communiquons et nous écrivons».
Rencontre avec les victimes
Dans son commentaire, le père Lombardi a également évoqué trois points essentiels à ses yeux pour «garder le cap» dans les «eaux agitées» que constituent les affaires de pédophilie au sein du clergé : le sort des victimes, le jugement des coupables et la responsabilité de la société.
Au sujet de l’attention à l’égard des victimes, «le pape a écrit qu’il était disponible pour les rencontrer de nouveau, s’engageant dans le chemin de toute la communauté ecclésiale», a d’abord précisé le ›porte-parole du Vatican, conscient que «la voie vers une guérison en profondeur commence seulement maintenant pour nombre d’entre elles et doit encore commencer pour d’autres».
Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a ensuite appelé l’Eglise à collaborer «avec les autorités civiles en ce qui concerne leurs compétences judiciaires et pénales, en tenant compte des spécificités des normes et des situations dans les différents pays». «Ce n’est qu’ainsi, a soutenu le père Lombardi, que l’on peut penser à reconstruire efficacement un climat de justice et la pleine confiance dans l’institution ecclésiale» et retrouver «la transparence et la rigueur».
Notant que «la plus grande fréquence des abus a été constatée pendant la période la plus chaude de la ›révolution sexuelle’ des dernières décennies», le père jésuite a enfin appelé à redécouvrir et à redonner du sens et de l’importance (…) à la sexualité, à la chasteté et aux relations affectives dans le monde d’aujourd’hui, de manière très concrète et pas seulement verbale ou abstraite». (apic/imedia/cp/lb/pr)




