Genève: Accueil œcuménique à l’aéroport de Genève
Un cagibi en guise de lieu de recueillement dans la zone internationale
Genève, 22 avril 2010 (APIC) Les aumôniers de l’Accueil œcuménique à l’aéroport de Genève avaient convié, jeudi après-midi 22 avril, les autorités des Eglises et la presse à une visite des locaux mis à leur disposition à Cointrin. Dans l’espoir d’obtenir, un jour, un lieu de recueillement digne de ce nom dans la zone internationale.
Les visiteurs se sont d’abord arrêtés dans le lieu de recueillement existant, tout à fait correct, et dans un bureau qui suffit aux besoins de l’Accueil œcuménique. Sauf que ces locaux sont désormais situés en zone «Schengen». Ils sont fréquentés par les passagers et le personnel de l’aéroport, mais les requérants d’asile retenus à l’aéroport de Genève-Cointrin – pour une durée pouvant aller jusqu’à 60 jours – n’y ont pas accès.
«Ce sont souvent des personnes qui ont une grande foi. Auparavant, ils venaient vers nous, aujourd’hui c’est nous qui devons aller vers eux», a expliqué Anne-Madeleine Reinmann, diacre protestante. Vers eux c’est, à travers escaliers et couloirs, dans la zone internationale où l’on a aménagé des dortoirs abritant les requérants d’asile dont, depuis le 1er janvier 2008, le sort se joue à l’intérieur de cette zone qui sert de centre d’enregistrement.
Ils disposent également d’une salle de séjour, avec un téléviseur, un baby-foot, des cartes du monde et de la Suisse et d’une cuisine où ils peuvent occasionnellement confectionner des plats de leur pays. A l’étage supérieur, des installations semblables sont réservées aux personnes non admises en Suisse et, tout en haut, une terrasse grillagée permet de humer l’air frais.
Anne-Madeleine Reinmann n’a rien à reprocher à ce dispositif, d’autant que le personnel d’encadrement prend bien soin des personnes qui lui sont confiées. Par contre, en guise de lieu de recueillement, on ne trouve qu’un minuscule cagibi, inutilisable – et d’ailleurs inutilisé. Pour s’entretenir avec les requérants qui le souhaitent, les aumôniers doivent squatter le bureau du service juridique ELISA, quand les juristes sont absents. Depuis quelques mois, l’Accueil œcuménique a entrepris des démarches pour que la situation change. Et il compte pour cela sur l’appui des Eglises.
Question: à qui s’adresser ? A l’Office fédéral des migrations ? A l’aéroport ? Au canton de Genève ? Aux trois, en espérant qu’ils ne se renvoient pas la balle les uns aux autres. Un espoir: Mme Anita Filli, qui accompagnait les visiteurs au nom de la Direction de l’aéroport, a indiqué qu’il est encore temps de présenter des demandes pour un espace dans une future aile qui figure dans les plans d’agrandissement de l’aéroport. Cependant, les travaux ne seront sans doute pas achevés avant cinq ans. Et en attendant ? (apic/mba/be)




