Rome: Concert offert à Benoît XVI par le patriarche de Moscou

L’Europe chrétienne doit respirer à ›pleins poumon

Rome, 21 mai 2010 (Apic) Benoît XVI a souhaité que l’Europe chrétienne respire de nouveau «à pleins poumons», le 20 mai, à l’occasion d’un concert offert par le patriarche de Moscou pour le 5e anniversaire de son pontificat. Avant le début de la représentation, le métropolite Hilarion Alfeyev, a appelé catholiques et orthodoxes à agir comme des «alliés» et non comme des «rivaux».

«Faisons respirer de nouveau l’Europe à pleins poumons», a ainsi souhaité Benoît XVI à l’issue du concert donné dans la Salle Paul VI, au Vatican. Devant un parterre de dignitaires et de représentants orthodoxes et catholiques, le pape allemand a ainsi repris l’expression des «deux poumons» que Jean Paul II (1978-2005) utilisait pour désigner les Eglises d’Orient et d’Occident.

Par cette image des deux poumons, explique Benoît XVI, le pape polonais souhaitait la naissance d’une «conscience nouvelle des racines culturelles et religieuses profondes et communes du continent européen, sans lesquelles l’Europe d’aujourd’hui n’aurait pas d’âme et serait de toute façon marquée par une vision réductrice et partielle». «Redonnons une âme non seulement aux croyants, mais aussi à tous les peuples du Continent» européen, a renchéri le pape pour qui «la confiance et l’espérance» doivent être enracinées «dans l’expérience millénaire de la foi chrétienne».

Aux yeux de Benoît XVI, la «culture contemporaine, et particulièrement la culture européenne, court le risque de l’amnésie, de l’oubli et ainsi de l’abandon du patrimoine extraordinaire suscité et inspiré par la foi chrétienne». Cette dernière, a rappelé le souverain pontife, «constitue l’ossature essentielle de la culture européenne, et pas seulement». Par ailleurs, dans son discours, le souverain pontife n’a pas manqué d’exprimer «la joie intérieure» que lui inspirait «ce moment de rencontre et d’amitié avec les frères du Patriarcat de Moscou».

Message du patriarche Cyrille

Avant le début de la représentation, le métropolite Hilarion Alfeyev, président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a lu un message du patriarche Cyrille, qualifiant ce concert d’événement de «grande importance dans l’histoire des échanges culturels» entre les deux Eglises. Selon le patriarche de Moscou, la musique est «un langage particulier» qui permet de «communiquer avec les cœurs». «La musique, a-t-il poursuivi, permet de transmettre des sentiments de l’âme humaine et des états spirituels que les paroles ne parviennent pas à décrire».

Parlant ensuite en son nom propre, le métropolite Hilarion a espéré que «les rapports entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes (…) se développeraient encore à l’avenir dans toutes les directions, en impliquant tous les aspects de la vie ecclésiale».

Alliés et non rivaux

Le ›numéro deux’ de l’Eglise orthodoxe russe s’est ensuite dit convaincu que les orthodoxes et les catholiques ne devaient «pas attendre le moment où toutes les différences théologiques disparaîtront», jugeant «illusoire de croire que cela puisse arriver bientôt». Entre temps, catholiques et orthodoxes doivent «agir non pas comme des rivaux mais comme des alliés», surtout dans une «Europe déchristianisée».

Par ailleurs, soutenant «pleinement» l’appel de Benoît XVI à la ré-évangélisation de l’Europe, le métropolite Hilarion a cependant indiqué qu’»aucune Eglise, y compris une Eglise aussi forte et nombreuse que l’Eglise catholique, ne pouvait y parvenir toute seule». «Nous devons être ensemble», a conclu Mgr Hilarion car «nous avons le même domaine de mission: l’Europe déchristianisée, qui a perdu ses racines religieuses, morales et culturelles».

Ce concert constituait le point d’orgue de ces deux ›Journées de culture et de spiritualité russe’ organisées de manière inédite au Vatican les 19 et 20 mai. Dans l’après-midi du 19 mai s’était tenu un symposium sur le thème: ›Orthodoxes et catholiques en Europe aujourd’hui – les racines chrétiennes et le patrimoine culturel commun entre Orient et Occident’, dans l’église orthodoxe russe Sainte-Catherine, sur les hauteurs du Janicule.

L’Orchestre national russe, le chœur synodal de Moscou et la Chapelle des cors de Russie ont ainsi interprété diverses œuvres profanes et sacrées des plus grands compositeurs russes comme Modeste Moussorgski (1839-1881), Piotr Tchaïkovski (1840-1893), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) ou encore Sergueï Rachmaninov (1873-1943). Une œuvre de Mgr Hilarion, lui aussi compositeur, intitulée le ›Chant de l’Ascension’, a été interprétée en fin de concert, juste avant que le pape ne prenne la parole. (apic/imedia/lb/cp/bb)

21 mai 2010 | 09:20
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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