Suisse: L’Action de Carême reçoit moins d’aide des donateurs institutionnels

Malgré la crise, les donateurs privés n’ont jamais été aussi généreux

Lucerne, 27 mai 2010 (Apic) En 2009, l’œuvre d’entraide catholique suisse «Action de Carême» a investi plus de 21 millions de francs dans ses projets dans le Sud et en Suisse. Cela représente un peu plus d’un million de francs par rapport à l’année précédente. Alors qu’en raison de la crise, le marché suisse des dons a accusé des diminutions sur la première moitié de l’année, l’Action de Carême (AdC) a enregistré les meilleurs résultats depuis sa création en ce qui concerne les dons des privés.

Les deux résultats les plus réjouissants de l’année passée sont la croissance des dons des personnes privées ainsi que l’augmentation de la somme investie dans les projets en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Suisse, note l’AdC dans un communiqué publié jeudi 27 mai. En revanche, les rentrées des bailleurs institutionnels ont accusé, en raison de la crise économique, un léger recul par rapport à l’année précédente.

Directeur de l’Action de Carême, Antonio Hautle se réjouit de la générosité des donateurs privés: «Certes la crise existe aussi en Suisse. Mais la population se montre solidaire envers les populations des pays du Sud. Cette solidarité créé une obligation pour nous ! Nous avons le devoir de nous engager pour un monde plus juste».

La situation financière de l’Action de Carême reste toutefois satisfaisante. Les dons non encore distribués s’élèvent à CHF 6,5 (2008: 7,6) millions. «Grâce à ces réserves, nous pouvons garantir le maintien de nos activités en dépit d’un éventuel recul des dons», affirme le directeur de l’AdC.

L’œuvre d’entraide a enregistré des dons et des contributions pour un montant de CHF 20’880’909 (2008: CHF 22’134’852). L’Action de Carême a investi CHF 21’216’540 (2008: CHF 20’403’384) dans ses programmes au Sud et en Suisse, y compris dans les conseils et l’accompagnement, ainsi que dans les projets de communication.

Une pierre apportée pour la «justice climatique»

«Nous recevons de plus en plus fréquemment des nouvelles des pays dans lesquels nous sommes engagés qui indiquent que des régions entières sont inondées ou doivent faire face à une sécheresse extrême», indique Lucrezia Meier-Schatz, présidente du Forum de fondation de l’Action de Carême. Concernant le travail de sensibilisation et d’information de l’année écoulée, le 13 décembre dernier fut un moment capital: les cloches de 600 églises ont retenti à travers tout le pays pour alerter de l’imminence de la catastrophe climatique. Plus de 10’000 personnes en Suisse se sont engagées à diminuer leurs émissions de CO2 afin d’apporter leur pierre à la «justice climatique».

Dans les 16 pays dans lesquels l’AdC est active, les partenaires locaux prennent eux aussi au sérieux les conséquences du réchauffement. L’allongement de la saison sèche au détriment de la saison des pluies et les ouragans toujours plus fréquents menacent leurs ressources et rendent nécessaires de nouvelles pratiques agricoles. Au Burkina Faso, les analyses des conséquences du réchauffement climatique montrent que la stratégie appliquée dans les projets est pertinente: l’amélioration de la qualité du sol, l’introduction de semences adaptées ou le développement de nouvelles sources de revenus comme le petit élevage aident la population à s’adapter au changement climatique.

C’est pourquoi la réduction des émissions de CO2, nécessaire de toute urgence, est capitale pour l’avenir et les conditions d’existence de l’ensemble des habitants de la Terre, relève l’AdC.

«Le temps des promesses non tenues est dépassé»

Si les gestes volontaires sont nécessaires, il est encore plus important d’adopter des règles contraignantes, souligne la conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz: «Le temps des promesses non tenues est dépassé. Des réductions d’émissions contraignantes et drastiques sont nécessaires dans les pays industrialisés de même que des actions de protection du climat dans les pays du Sud».

«Puisque le climat nous concerne tous, nous sommes tous appelés à nous engager en faveur d’un climat sain. Dans le monde, en Suisse, dans notre communauté», conclut la présidente du Forum de fondation de l’Action de Carême. JB/Com

Encadré

L’Action de Carême est l’œuvre d’entraide des catholiques en Suisse. Son slogan «Nous partageons» synthétise son engagement dans les pays défavorisés du Sud et en Suisse. L’Action de Carême soutient des personnes qui prennent leur destin en mains en les aidant à devenir autonomes. L’expérience montre qu’un projet n’est durable que si une communauté se l’approprie. Pour cette raison, l’AdC œuvre à renforcer les structures des villages et d’autres groupements où des personnes s’engagent.

En Suisse, les activités de sensibilisation de l’AdC invitent les citoyens et citoyennes à se soucier des conditions matérielles de leurs semblables dans les pays défavorisés du Sud. L’œuvre d’entraide étudie les causes de l’appauvrissement de vastes couches de la population et se définit comme «le porte-parole des personnes du Sud», notamment sur le plan politique.

L’Action de Carême se finance pour l’essentiel par des dons et des legs. S’y ajoutent les collectes des paroisses et les subventions de la Confédération et de certains cantons et communes. (apic/com/be)

27 mai 2010 | 14:54
par webmaster@kath.ch
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