Bâtir un futur durable et sortir du cercle vicieux pauvreté-violences-injustices
RDC: L’Eglise du Katanga pour une «exploitation éthique» du sous-sol
Lubumbashi, 30 mai 2010 (Apic) L’Eglise du Katanga, au Congo RDC, lutte pour une «exploitation éthique» du sous-sol. Mettant en outre l’accent sur l’obligation pour les multinationales qui opèrent dans le pays de contribuer à des projets de développement social et d’embaucher des travailleurs locaux.
Dénoncer le scandale géologique opéré au Katanga ne suffit plus car «bien que la région regorge de ressources minières, son exploitation ne contribue nullement au développement de notre société et donne même lieu le plus souvent à des pillages et de graves dégâts écologiques», déclare à Misna Mgr Fulgence Muteba, évêque du diocèse de Kilwa Kasenga, dans la province méridionale du Katanga.
En plus de l’instauration en 2007 de la commission épiscopale spéciale pour les ressources naturelles (Cern), la conférence épiscopale du Congo (Cenco) est en train de former quatre observateurs au Katanga dans les diocèses de Lubumbashi, Kilwa Kasenga, Sakania-Kipushi et Kolwezi.
«L’Église, qui promeut une exploitation éthique de notre sous-sol, doit se mobiliser pour informer et sensibiliser les populations sur leurs devoirs et leurs droits», poursuit l’évêque congolais, mettant l’accent sur l’obligation pour les multinationales opérant dans le pays de contribuer à des projets de développement social et d’embaucher des travailleurs locaux. Les évêques sollicitent également les dirigeants politiques de superviser davantage l’application effective des accords passés avec les multinationales.
«Si du point de vue économique, nous avons besoin que nos ressources minières soient exploitées, nous ne pouvons toutefois pas permettre qu’elles le soient à n’importe quel prix et au détriment des populations autochtones», insiste Mgr Muteba. Par le biais de ses observateurs locaux des ressources naturelles, la conférence épiscopale aspire à instaurer des plateformes de concertation entre la société civile, le gouvernement et les compagnies minières pour s’assurer que la commercialisation des matières extraites du sous-sol congolais n’alimentent pas les violences et les conflits.
«Ensemble, conclut l’interlocuteur de Misna, nous devons prendre nos responsabilités pour bâtir un futur durable et sortir du cercle vicieux pauvreté-violences-injustices». (apic/misna/pr)




