Europe: Le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe insiste sur la communication en temps de crise
Porte-parole: un service à la Vérité
Saint-Gall, 21 juin 2010 (Apic) A la suite de la rencontre annuelle des Porte-parole des Conférences épiscopales d’Europe qui a eu lieu en Slovaquie (Bratislava-Nitra) du 16 au 19 juin sur le thème La communication en temps de crise, le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe insiste sur le rôle du porte-parole d’une Conférence épiscopale: être au service de la vérité.
Dans son communiqué, le CCEE rappelle que les porte-parole doivent souvent se mesurer avec la lenteur de l’approfondissement de l’affaire en question et la rapidité requise par l’information qui n’admet pas de retards. Cet aspect a été particulièrement évident dans la gestion de l’information des cas d’abus, tel que l’ont souligné les porte-parole des Conférences épiscopales d’Irlande et d’Allemagne, qui ont présenté leur expérience professionnelle, en faisant notamment allusion à la demande d’informations qui venait et qui continue d’être avancée par les médias nationaux et internationaux. La lettre aux catholiques irlandais a été, pour tous deux, un document fondamental pour le déroulement de leur tâche professionnelle. Aux yeux de l’Eglise catholique, ce document est une réponse complète et précise aux questions qui ont jailli de cette affaire : ici, l’Eglise condamne sans appel ces méfaits et compatit ceux qui ont subi ces violences. Cela permet de percevoir clairement que l’Eglise se range, avant tout, du côté des victimes, peut-on lire dans le communiqué.
Une information transparente et précise, surtout en temps de crise
Dans leur réflexion, les participants ont été soutenus par le Prof. José María La Porte, Vice-doyen de la Faculté de Communication Institutionnelle de l’Université Pontificale Santa Croce qui s’est attaché à la communication en temps de crise, en insistant notamment sur les premiers pas à mener lorsque l’église est appelée à fournir des réponses exhaustives, raisonnables et immédiates. La règle de la communication chrétienne se base sur l’utilisation des moyens de communication sociaux, considérés comme étant des instruments au service de la vérité et du respect de la dignité de toute personne, plutôt que sur la volonté de mener une communication persuasive et efficace. Le désir d’informer de façon transparente en offrant, en même temps, une information précise et documentée sur la pensée et sur les nombreuses initiatives de l’Eglise, est le premier pas pour aider l’opinion publique à se forger un jugement objectif sur la vie de l’Eglise.
Processus de construction de l’opinion publique
Ensuite, soutenus par le Rév. Prof. Tadeusz Zasepa, PhD, Recteur de l’Université catholique de Ružomberok (Slovaquie), les porte-parole se sont penchés sur les processus de construction de l’opinion publique. Il n’y a pas une seule opinion publique, car celle-ci découle de plusieurs interprétations qui naissent de perceptions où la conscience et les valeurs de chacun jouent un rôle fondamental. En ce sens, il est nécessaire de faire en sorte que les personnes préposées à communiquer l’Eglise sachent fournir tous les éléments indispensables pour un jugement qui soit le plus responsable possible.
A la lumière de tous ces débats et grâce également à l’apport de Paolo Bustaffa, Directeur de SirEuropa, les travaux se sont ensuite concentrés sur les modalités et les instruments utiles pour améliorer et coordonner l’activité de communication des Conférences épiscopales.
L’Eglise catholique en Slovaquie: relativement bons rapports avec l’Etat
Lors de la session d’ouverture de la rencontre, promue par le Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) et organisée à Bratislava, sur invitation de Mons. Stanislav Zvolenský, Archevêque de Bratislava et Président de la Conférence Episcopale Slovaque (CES), l’on a présenté l’Eglise catholique du pays, selon l’organisation ecclésiastique définie par la constitution apostolique du Pape Benoît XVI en février 2008. le Président de la CES a souligné qu’en Slovaquie, malgré la diminution sensible des vocations qui a caractérisé ces dernières années, le nombre de prêtres ne cesse d’augmenter. En général, les rapports avec l’Etat sont bons, malgré le fait que deux aspects de l’Accord de base signé en l’an 2000 par le Saint Siège et l’Etat (le financement de l’Eglise et la restitution des biens ecclésiaux confisqués pendant le régime totalitaire) n’aient pas encore été résolus. De son côté, Mons. Marian Gavenda, ancien porte-parole de la CES, a esquissé l’évolution des médias catholiques depuis leur fermeture en 1948 et jusqu’à nos jours. Suite à l’activité limitée et clandestine menée pendant la période du régime, la liberté recouvrée (1988) a donné lieu à la renaissance et au renouveau des moyens de communication sociaux catholiques. Depuis l’an 2000, la CES est engagée dans la formation professionnelle de ceux qui désirent travailler dans ce secteur.
Naissance de l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination
Les participants ont été informés de la naissance de l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination des chrétiens en Europe (www.IntoleranceAgainstChristians.eu) avec lequel le CCEE a entamé une collaboration.
Encadré
Le CCEE
Du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) font partie, comme membres, les 33 Conférences épiscopales présentes en Europe, représentées de droit par leurs Présidents, les Archevêques de Luxembourg et de la Principauté de Monaco et l’Évêque de Chişinău (Moldavie). Son Président est le Cardinal Péter Erdő, Archevêque d’Esztergom-Budapest, Primat de Hongrie; ses vice-présidents sont le Cardinal Josip Bozanić, Archevêque de Zagreb, et le Cardinal Jean-Pierre Ricard, Archevêque de Bordeaux. Le Secrétaire général du CCEE est le Père Duarte da Cunha. Le siège du secrétariat est à Saint-Gall (Suisse). (apic/com/js)




