Philippines: Journalistes assassinés: un évêque protestant monte aux barricades
Il demande de poursuivre la présidente Arroyo en justice
Manille, 4 juillet 2010 (Apic) Un évêque philippin a appelé le nouveau président des Philippines Benigno Aquino III à poursuivre en justice la présidente sortante Gloria Macapagal-Arroyo et à veiller à ce que les assassinats répétés de journalistes et d’autres militants prennent fin.
«Pour que ces assassinats s’arrêtent, Benigno Aquino doit montrer sa volonté politique en veillant à ce que Gloria Arroyo soit poursuivie en justice pour ses manquements aux droits de la personne aux côtés de celles et ceux qui ont donné et reçu l’ordre de tuer», a déclaré à ENInews l’évêque Felixberto Calang, de l’Eglise indépendante des Philippines (IFI, Iglesia Filipina Independiente).
Le chef de cette Eglise protestante autochtone s’est exprimé à la suite de l’assassinat du journaliste Nestor Bedolido, le 19 juin, à Digos, dans le sud des Philippines. Nestor Bedolido, 49 ans, avait écrit des articles sur la corruption des milieux politiques. C’est le troisième journaliste à être assassiné en huit jours.
Le 14 juin, Desidario Camangyan, présentateur radio connu pour ses propos contre l’exploitation forestière et minière, a été tué alors qu’il animait un concours de chant à Manay, dans la province du Davao oriental, également dans le sud du pays. Le lendemain, c’est le présentateur radio Jovelito Agustin, un ministre laïque de l’Eglise indépendante des Philippines connu pour son opposition à la corruption, qui était abattu par des hommes à moto à Laoag, dans le Nord des Philippines. Au même moment, Benjamin Bayles, ministre laïque de l’IFI, était tué par deux motocyclistes à Himamaylan, dans le centre du pays.
«Le gouvernement Arroyo a engendré une culture de l’impunité qui est responsable des exécutions, non seulement de journalistes, mais aussi de militants et de citoyens lambda», a déclaré l’évêque Calang. «Il ne sera pas facile de revenir sur une politique de sécurité intérieure qui est mise en œuvre par les forces armées des Philippines. Les escadrons de la mort et les assassins sont toujours en liberté.»
Il a appelé le président Aquino à garantir une prééminence des civils dans tous les départements gouvernementaux, y compris dans les forces de sécurité.
L’appel de l’évêque Calang fait écho à ceux d’organisations médiatiques telles que l’Union nationale des Journalistes des Philippines, l’Institut international de la presse, à Vienne, et le Comité de protection des journalistes, à New York. Elles ont exhorté le gouvernement Aquino à enquêter su les exécutions et à poursuivre les coupables en justice. (apic/eni/pr)




