Rome: Pédophilie: La Congrégation pour la doctrine de la foi publiera un document
Nouvelles normes disciplinaires en vue
Rome, 14 juillet 2010 (Apic) La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) devrait rendre public, probablement autour du 15 juillet 2010, un document disciplinaire contenant de nouvelles normes concernant les «délits graves» commis par les prêtres et responsables ecclésiastiques.
Selon plusieurs vaticanistes, ce document actualisant le Motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela de Jean Paul II publié en avril 2001, devrait considérer l’ordination sacerdotale de femmes comme un «délit contre la foi», mais aussi allonger la durée de la prescription dans les affaires de pédophilie et considérer la pornographie infantile comme une «offense grave».
Dans une optique de transparence, et en pleine crise médiatique, le 12 avril dernier, le Vatican avait déjà publié sur son site Internet un Guide pour comprendre les procédures de base de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant les allégations d’abus sexuels. Ce document était une synthèse des normes déjà connues, alors présentées de manière schématique. Ce guide laissait entendre que, «depuis un certain temps», la Congrégation pour la doctrine de la foi avait «entrepris une révision de certains des articles du Motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela, en vue de mettre à jour ce Motu proprio de 2001 à la lumière des facultés particulières reconnues à la CDF par les papes Jean Paul II et Benoît XVI».
Ces réformes consisteraient donc en une actualisation du Motu proprio qui sanctionnait les délits les plus graves commis par les autorités ecclésiastiques. Ces Delicta graviora sont définis dans la lettre de mai 2001 du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la CDF, qui accompagnait le document pontifical: les délits contre le sacrement de l’eucharistie, les délits contre le sacrement de la pénitence, et le délit contre la morale, c’est-à-dire les abus sexuels commis par des prêtres sur des mineurs.
Actualisation
En particulier, le nouveau document devrait étendre la période de prescription, dans les cas d’affaires de pédophilie, qui passerait alors de 10 à 20 ans (après les 18 ans de la victime). Par ailleurs, les révisions de la CDF considèreraient la pornographie infantile comme une «offense grave», selon certains journalistes.
Dans ce nouveau document, l’ordination sacerdotale de femmes, l’hérésie, le schisme et l’apostasie seraient des actes illégaux considérés également comme des «délits contre la foi». Avec les nouvelles dispositions, la CDF, protégée par une législation explicite, pourra notamment déclarer les excommunications.
Le 19 décembre 2007, un décret général concernant le délit d’attentat à l’ordination sacrée d’une femme avait déjà été publié par la CDF. Dans ce document disciplinaire, il était expliqué que «soit celui qui attente à conférer l’ordre sacré à une femme, soit la femme qui attente à recevoir l’ordre sacré encourt l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique». Désormais, dans cette mise à jour du document de 2001, l’ordination sacerdotale des femmes devrait être considérée comme un «délit contre la foi».
Visé par les cardinaux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi lors de l’assemblée plénière du dicastère en janvier 2010, ce document n’aurait dû, à la base, être transmis aux évêques du monde entier que très discrètement, au cours de l’été, et publié par la suite dans les Acta Apostolicae Sedis, les Actes du siège apostolique. Il semble donc désormais qu’après la crise qui a secoué l’Eglise au printemps 2010 face aux scandales de pédophilie au sein du clergé, il ait été choisi de diffuser plus amplement ce document. Celui-ci pourrait alors être accompagné d’une note explicative et d’une notice historique.
En outre, la CDF travaillerait également actuellement sur la réalisation d’un guide pour aider les évêques du monde entier à mieux coordonner les directives, issues des conférences épiscopales, concernant les abus sexuels. (apic/lb/ami/pr)




