Soudan : Campagne brutale contre les opposants: le terrifiant rapport d’AI

L’opposition réduite au silence: la peur et la torture comme outils d’agression et d’oppression

Londres/Lausanne, 19 juillet 2010 (Apic) Le Service soudanais de la sûreté et du renseignement mène une campagne brutale contre les opposants et les détracteurs du gouvernement, rapporte lundi Amnesty International (AI). Dans son rapport, AI documente des cas de détentions arbitraires, de torture et d’intimidation physique et psychologique. Le Soudan est dominé par la violence et par la peur. L’opposition est ainsi réduite au silence.

Au cours du premier semestre 2010, l’organisation de défense des droits humains a recensé au moins 34 arrestations effectuées par le NISS. Parmi les personnes arrêtées figuraient des journalistes, des militants des droits humains et des étudiants.

Le rapport d’Amnesty International, intitulé Agents of Fear, rend compte des atteintes aux droits humains institutionnalisées, notamment des arrestations arbitraires, des détentions au secret, des mauvais traitements, des homicides illégaux et des disparitions forcées, qui sont perpétrées depuis plusieurs années par le Service national de la sûreté et du renseignement (NISS) au Soudan.

«Le NISS domine le Soudan par la peur. L’agression de grande envergure que mènent sur de multiples fronts les services de sécurité contre le peuple soudanais laisse les détracteurs du gouvernement dans la peur constante d’être arrêtés, harcelés, ou même pire», a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

«Les autorités soudanaises réduisent brutalement au silence l’opposition politique et les défenseurs des droits humains au Soudan par la violence et l’intimidation. Les agents du NISS jouissent d’une impunité totale pour les violations des droits humains qu’ils continuent de commettre.»

Selon AI, le nombre d’arrestations a atteint son summum pendant les périodes de tensions politiques, comme après une attaque de grande ampleur menée par un groupe armé du Darfour à Khartoum en mai 2008, avant et après que la Cour pénale internationale eut décerné un mandat d’arrêt contre le président Omar Hassan Ahmad el Béchir en juillet 2008, et après les élections en avril 2010.

Le rapport d’Amnesty International relève différentes méthodes de torture utilisées par le NISS, qui consistent notamment à battre les détenus tandis qu’ils sont maintenus la tête en bas contre un mur, à leur infliger des décharges électriques, à les fouetter, à les priver de sommeil, à les rouer de coups de pied, à les piétiner et à les frapper avec des tuyaux d’arrosage.

Les familles sont souvent menacées et harcelées par des agents du NISS, qui tentent ainsi d’exercer une pression émotionnelle supplémentaire sur la victime. Des femmes sont également harcelées et soumises à des manœuvres d’intimidation par des agents des forces de l’ordre et du NISS, et agressées sexuellement pendant qu’elles sont détenues.

Depuis les élections présidentielles et législatives d’avril 2010, le NISS restreint de nouveau la liberté d’expression. Les agents de ce service ont recommencé à censurer la presse soudanaise avant publication en se rendant quotidiennement dans les bureaux des journaux et les imprimeries. Les journaux d’opposition ont été fermés, forcés à cesser d’imprimer, ou ont suspendu eux-mêmes la publication pour protester contre la censure. Certains journalistes ont été arrêtés et détenus arbitrairement. (apic/com/pr)

19 juillet 2010 | 09:49
par webmaster@kath.ch
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