Diocèse de Coire: La conférence de Biberbrugg exige de la transparence de la part de l’Eglise

Le bras de fer continue

Arth, 16 août 2010 (Apic) La Conférence de Biberbrugg, qui réunit les organisations de droit ecclésiastique du diocèse de Coire, veut dorénavant être partenaire de la Conférence des évêques suisses (CES) pour les questions concernant les personnes. Werner Inderbitzin, porte-parole de la Conférence des Eglises cantonales du diocèse de Coire, a lancé un appel à l’Eglise catholique pour qu’elle mette fin à sa politique du secret en matière de politique du personnel. Il s’est exprimé dans une interview à la «Neue Luzerner Zeitung» du 16 août à propos des critiques de l’évêque de Coire, Mgr Huonder, sur les campagnes relatives aux nominations des évêques.

Dans une lettre publiée dimanche sur le site du diocèse de Coire, l’évêque du lieu avait critiqué les indiscrétions systématiques concernant les nominations d’évêques. L’arrière-plan de cette lettre est un communiqué du 20 juillet 2010 dans lequel la Conférence de Biberbrugg exprimait son inquiétude face à la possibilité que le vicaire général Martin Grichting devienne deuxième évêque auxiliaire du diocèse. Martin Grichting est critiqué par les instances de droit ecclésiastique comme un adversaire résolu du système dual de l’Eglise en Suisse (Eglise soumise au droit canon et Eglise dépendant du droit ecclésiastique) et comme une «personne cherchant la polarisation».

Bon pour l’image de l’Eglise

Werner Inderbitzin se demande pourquoi les nominations d’évêques ne sont pas discutées dans une conférence épiscopale, au sein du Conseil épiscopal et du Conseil des prêtres. L’ancien conseiller d’Etat schwyzois et actuel président de l’Eglise cantonale catholique de Schwyz estime qu’une telle procédure augmenterait le crédit de l’Eglise et de ses institutions. L’Eglise aussi doit, selon lui, un peu mieux «accepter» la «compréhension de la démocratie de base de la Suisse». Il faudrait ainsi, par exemple, écouter la base et lui accorder des audiences. Werner Inderbitzin déplore que ce sont toujours les Eglises cantonales qui doivent prendre l’initiative pour des entretiens. «L’évêque Huonder ne fait rien dans ce sens». Il ne faut pas s’étonner, dit-il, si «nous énonçons en public nos préoccupations».

Mettre en place des moyens politiques

Les Eglises cantonales veulent à l’avenir entrer en dialogue avec la Conférence des évêques suisses, lorsqu’il s’agit de nominations épiscopales. Le président de la Conférence de Biberbrugg peut comprendre que l’on ne se réjouisse pas que des décisions importantes relatives aux personnes, qui concernent la Conférence des évêques, soit relayées par la presse. C’est ce qui a précisément été le cas avec la nomination de l’évêque auxiliaire Marian Eleganti en décembre dernier.

La «fermeture du robinet de l’argent» par les Eglises cantonales n’a pas jusqu’ici été à l’ordre du jour. Mais, affirme Werner Inderbitzin, elles ne craignent pas de devoir recourir à ce moyen politique, au cas où l’évêque Huonder voudrait à tout prix faire nommer Martin Grichting comme évêque auxiliaire. Il s’agit, selon lui, d’empêcher la croissance de la division au sein du diocèse, comme cela avait été le cas en 1990 avec la nomination de Wolfgang Haas.

Encadré

La conférence de Biberbrugg comprend aujourd’hui les organisations de droit ecclésiastique du diocèse de Coire issues des cantons de Glaris, de Nidwald, d’Obwald, de Schwyz, d’Uri, des Grisons et de Zurich. Sur suggestion de certains délégués de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ), et activée par l’entrée en fonction de Mgr Wolfgang Haas, la conférence s’est officiellement constituée le 23 novembre 1992. La conférence a servi avant tout à favoriser l’échange mutuel, la coordination dans le domaine financier, ainsi que la communication avec les instances politiques et le grand public, à l’époque du difficile conflit qui régnait au sein du diocèse de Coire. (apic/job/js)

16 août 2010 | 14:04
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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