Rome: Mgr Marchetto voit son départ du Conseil pontifical pour les migrants comme une ›libération’
A plusieurs reprises le Saint-Siège avait pris ses distances avec le prélat italien
Rome, 2 septembre 2010 (Apic) Quelques heures après l’officialisation de sa démission du poste de secrétaire du Conseil pontifical en charge des migrants, Mgr Agostino Marchetto a confié, dans la soirée du 1er septembre 2010, que son départ était une «libération» d’une charge «très lourde» et parfois «très pénible». A plusieurs reprises, ces derniers mois, le Saint-Siège avait pris ses distances avec le prélat italien, connu pour ses prises de position fortes en faveur des migrants.
Interrogé par la Rédaction française de Radio Vatican, le haut prélat, qui a pu démissionner à 70 ans en raison de son statut de nonce apostolique, a ainsi remercié Benoît XVI de lui avoir «accordé cette ›libération’ de cette charge très lourde, parfois vraiment très pénible». Mgr Marchetto s’en va néanmoins avec le sentiment du devoir accompli. «Je suis satisfait de ce que j’ai fait, (…) j’ai fait mon devoir et l’on dit que pour faire son devoir il faut en faire un peu davantage», a-t-il affirmé, assurant éprouver aussi «un peu de nostalgie» après 9 années au service des migrants.
Par ailleurs, le ›numéro deux’ du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement n’a pas caché la gêne que ses prises de positions ont pu susciter, alors que le doute persiste sur les véritables motivations de son départ de la curie romaine.
Des déclarations dérangeantes
Le haut prélat s’est dit conscient que ses déclarations aient pu être acceptées avec des «difficultés, (…) au moins dans certains cas». Homme affable et particulièrement disponible pour les médias, Mgr Marchetto n’a jamais hésité en effet à hausser le ton à plusieurs reprises et à critiquer, plus particulièrement, les mesures du gouvernement italien en matière d’immigration et de sécurité, suscitant l’embarras évident de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.
Dès lors, à 3 reprises, en 2009, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège avait dû expliquer que la voix de Mgr Marchetto n’était pas celle du Vatican. En février, au lendemain d’une énième condamnation par le prélat italien de la politique migratoire de l’Italie, le Père Federico Lombardi avait ainsi été contraint d’expliquer aux médias qu’il convenait de ne pas attribuer au «Vatican» tous les «commentaires et points de vue qui ne peuvent lui être attribués automatiquement» émanant du personnel de la curie romaine.
En avril, les critiques de Mgr Marchetto à l’égard de mesures du gouvernement italien pour lutter contre l’immigration avaient contraint le père jésuite à soutenir que «le Vatican en tant que tel (n’avait) pas pris position». Enfin, au mois de juillet, le haut prélat s’était élevé contre «la criminalisation des migrants» mise en œuvre par les autorités italiennes. Se faisant à nouveau l’écho de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, le Père Lombardi avait précisé que Mgr Marchetto ne s’était exprimé qu’»à titre personnel».
Le 28 août dernier, le Conseil pontifical pour les migrants annonçait encore la participation de Mgr Marchetto en tant que secrétaire de ce dicastère à un forum sur ›la migration et la paix’, du 1er au 3 septembre 2010, à Bogota, en Colombie. Au final, le prélat, qui avait peu avant réagi avec vigueur dans plusieurs médias français à la politique migratoire du président Nicolas Sarkozy, ne s’est pas rendu en Amérique du Sud. (apic/imedia/cp/be)




