Rome: Voyage de 4 jours de Benoît XVI en Grande-Bretagne

Plus d’une vingtaine de rendez-vous dans 4 villes

Rome, 10 septembre 2010 (Apic) Le 16 septembre au matin, Benoît XVI s’envolera pour un déplacement de 4 jours en Ecosse et en Angleterre. Ce premier voyage du pape en Grande-Bretagne est particulièrement chargé, avec plus d’une vingtaine de rendez-vous dans 4 villes différentes (Edimbourg, Glasgow, Londres et Birmingham), et pas moins de 15 discours ou homélies. S’il se rend officiellement outre-Manche pour béatifier le cardinal anglais converti John Henry Newman (1801-1890), Benoît XVI devra aussi passer par un certain nombre de rendez-vous à caractère politique.

Devant les journalistes au Vatican, le 10 septembre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège est revenu sur ce déplacement «très important» de Benoît XVI, son 17e voyage à l’étranger. «Après la Terre sainte ou la Turquie, ce voyage est loin d’être le plus difficile», a relevé le père Federico Lombardi.

Le Père Lombardi a indiqué que le Vatican était conscient des mouvements d’opposition à la veille du voyage de Benoît XVI, en particulier dans le milieu athée. «Cela fait aussi partie du climat normal d’une société pluraliste comme la société britannique», a expliqué le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, jugeant cependant qu’il s’agissait d’une «hostilité minoritaire» et que son «écho dans les médias (était) bien supérieur au climat réel dans la société britannique».

En outre, il n’a pas écarté la possibilité, au cours de ce voyage, d’une nouvelle rencontre de Benoît XVI avec des victimes de prêtres pédophiles, indiquant que, comme par le passé, cette rencontre ne serait pas annoncée au préalable. En marge de cette conférence de presse, Jack Valero, porte-parole de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du Pays de Galles pour la béatification du cardinal Newman, a précisé qu’une telle rencontre pourrait avoir lieu à Londres et qu’une dizaine de victimes de prêtres pédophiles pourrait y participer.

Accueil ›royal’

Le 16 septembre, l’avion de Benoît XVI quittera Rome à 8h10 (GMT+2) en direction d’Edimbourg. De façon inédite, le pape sera accueilli à l’aéroport par le duc d’Edimbourg en personne, l’époux de la reine Elisabeth II. «Ce n’est pas habituel», a reconnu le père Lombardi. Le ›porte-parole’ du Vatican a aussi tenu à préciser que si Jean Paul II (1978-2005) était venu en 1982 en ›visite pastorale’ en Grande-Bretagne, cette première ›visite d’Etat’ d’un pape dans le pays n’était pas bien différente de celle de son prédécesseur.

Après l’accueil officiel à l’aéroport de la capitale écossaise à 10h30 (GMT+1), le chef de l’Eglise catholique se rendra au Palais royal de Holyroodhouse à Edimbourg (Ecosse), où il sera accueilli par la reine d’Angleterre, chef de l’Eglise anglicane. Reine de 16 Etats indépendants et chef du Commonwealth depuis le 6 février 1952, Elisabeth II est aujourd’hui âgée de 84 ans, soit un an de plus que Benoît XVI.

Ancien monastère du 12e siècle, le Palais de Holyroodhouse (la Sainte croix) est la résidence officielle de la reine d’Angleterre lorsqu’elle séjourne en Ecosse, le plus souvent au début de l’été. Après sa ›visite de courtoisie à la reiné, le pape rencontrera un certain nombre d’autorités écossaises et anglaises, et prononcera, après avoir écouté la reine, son premier discours.

Après sa rencontre avec la reine et un déjeuner avec sa suite à la résidence de l’archevêque d’Edimbourg, Benoît XVI se rendra dans la plus grande ville d’Ecosse, Glasgow, à 75 kilomètres de là.

L’arrivée de Benoît XVI à Glasgow coïncidera avec une grande parade religieuse, typiquement écossaise, en l’honneur de saint Ninian (vers 360-432), premier évangélisateur de l’Ecosse fêté le 16 septembre. A 17h15, dans l’immense parc Bellahouston de Glasgow, Benoît XVI célébrera une messe en plein air comme l’avait fait Jean-Paul II (1978-2005), le 1er juin 1982.

Londres et Birmingham

Après cette messe, c’est à 20h que Benoît XVI rejoindra la capitale britannique, Londres, par avion, à 550 kilomètres au sud. Les 3 transferts aériens effectués durant ce voyage seront assurés par la compagnie italienne Alitalia. C’est à la nonciature apostolique que le pape sera installé tout au long de son séjour sur le sol britannique, dans le quartier londonien de Wimbledon.

Le 17 septembre, après avoir célébré la messe en privé à la nonciature, Benoît XVI se rendra au ›St Mary’s University College’ de Twickenham pour une rencontre avec le monde de l’éducation catholique, à 10h. Il rencontrera ensuite des étudiants londoniens, puis des responsables des autres religions. Lors de ce dernier rendez-vous de la matinée, le pape prendra la parole devant quelque 200 représentants religieux.

Dans l’après-midi, à 16h, le pape commencera par rendre visite à l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, au Palais de Lambeth. Après sa rencontre avec le chef de la Communion anglicane et un échange avec la famille du prélat, Benoît XVI se rendra au Westminster hall, la plus ancienne partie (fin du 11e siècle) du célèbre Palais de Westminster, sur les bords de la Tamise. Il y rencontrera à 17h10 les représentants de la société civile, du monde académique, culturel et de l’entreprise, ainsi que le corps diplomatique et des responsables de différentes religions.

Un discours aux accents politiques très attendu

Benoît XVI prononcera alors «l’un des discours les plus attendus de ce voyage», selon le Père Federico Lombardi. Au terme de cette rencontre, il saluera en particulier les anciens chefs du gouvernement britannique: Margaret Thatcher, John Major, le catholique récemment converti Tony Blair et Gordon Brown. C’est au Westminster hall que Thomas More (1478-1535) avait nié que le roi était le légitime dirigeant de l’Eglise. Il fut alors condamné à mort pour sa fidélité au pape. Aujourd’hui, cette grande salle accueille les sessions spéciales où les deux chambres du Parlement britannique siègent ensemble.

Un peu plus d’une heure plus tard, à 18h15, le souverain pontife participera à une célébration œcuménique à l’abbaye de Westminster, lieu de sépulture de la plupart des rois et reines d’Angleterre, mais aussi du ›soldat inconnu’. Un lieu depuis lequel le pape pourrait évoquer le 60e anniversaire de la Bataille d’Angleterre (juin 1940-mai 1941), la campagne aérienne menée par l’armée de l’air allemande pour détruire la force aérienne britannique durant la Seconde Guerre mondiale.

Au cours de cette première journée à Londres, le pape aura prononcé pas moins de 6 discours. Le lendemain, il commencera par une matinée particulièrement politique. A l’archevêché de Londres, Benoît XVI recevra ainsi successivement en audience le premier ministre britannique David Cameron à 9h, le vice-premier ministre Nick Clegg à 9h20, et le leader de l’opposition, la travailliste Harriet Harman, à 9h30. Puis, à 10h, Benoît XVI présidera une messe dans la cathédrale catholique de Westminster.

La première béatification

L’après-midi du 18 septembre, à 17h, Benoît XVI visitera une maison de repos, la St Peter’s Residence. Cette nouvelle journée londonienne s’achèvera à 18h15 dans le célèbre ›Hyde park’ par une veillée de prière en vue de la béatification, le lendemain, du cardinal John Henry Newman.

Au dernier jour de ce voyage, le 19 septembre, Benoît XVI se rendra en hélicoptère à 170 kilomètres au nord-ouest de Londres, à Birmingham, dans la région centrale des Midlands. Dans le Cofton park de Birmingham, le pape présidera la messe de béatification du cardinal anglais John Henry Newman, un anglican converti au catholicisme en 1845. C’est la première fois, depuis le début de son pontificat, qu’il présidera une messe de béatification. Benoît XVI avait décidé, dés le début de son pontificat, de ne célébrer que les messes de canonisation. Cette exception à la règle pour le cardinal Newman, a indiqué le Père Federico Lombardi, est «un signe particulier de l’appréciation et de l’intérêt que le pape attribue à cette figure».

Avant de déjeuner avec les évêques d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Ecosse, Benoît XVI visitera en privé l’oratoire Saint Philippe Néri d’Edgbaston, à Birmingham, où vécut le cardinal Newman. Le pape, cependant, ne devrait pas se rendre sur la tombe du cardinal.

Dernier rendez-vous de ce voyage de 4 jours, Benoît XVI rencontrera à 16h45 l’ensemble des évêques d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Ecosse, à l’Oscott College de Birmingham. Il prononcera alors son avant-dernier discours en terre britannique, un discours particulièrement attendu. A 18h15 aura lieu la cérémonie de départ depuis l’aéroport international de Birmingham. L’avion du pape devrait ensuite décoller à 18h45 (GMT+1) en direction de Rome, où il est attendu à 22h30 (GMT+2). (apic/imedia/ami/bb)

10 septembre 2010 | 17:50
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 6  min.
Partagez!