Pologne: Solidarnosc a fêté ses 30 ans, mais la pauvreté et l’exclusion demeurent
Comme des lacunes et des creux dans les promesses faites alors
Varsovie, 14 septembre 2010 (Apic) La Pologne n’a pas su «faire honneur» à l’héritage laissé par le mouvement Solidarnosc (Solidarité), qui a récemment célébré son 30e anniversaire. Telle est l’accusation que porte une commission constituée de membres du gouvernement et de l’Eglise.
«Celles et ceux qui demandaient des syndicats libres et qui se sont battus pour notre liberté souhaitaient aussi que les familles polonaises puissent mener une vie dans la dignité», a affirmé dans une déclaration l’équipe Famille de la Commission mixte gouvernement-Conférence épiscopale polonaise, citée par l’Agence ENI.
«Les assurances qu’on nous donne en affirmant qu’on se souvient de l’appel d’août 1980 ne sont pas crédibles si l’on oublie la force avec laquelle les exigences en matière d’amélioration de la vie de famille en Pologne étaient formulées, surtout dans la mesure où ces questions n’ont toujours pas été résolues.»
La déclaration a été rendue publique dans le cadre de l’anniversaire des Accords de Gdansk, par lesquels le régime communiste reconnaissait légalement un nouveau syndicat, Solidarnosc, après une vague de grèves dans les ports polonais de la mer Baltique.
La déclaration rappelle que les 21 demandes du gouvernement comprenaient la liberté d’expression et de réunion, la réduction des délais d’obtention d’un logement, un rallongement du congé maternité et un niveau de vie minimal. Cependant, ajoute-t-on, ce pays essentiellement catholique romain ne dispose toujours pas d’une politique de soutien à la famille et se maintient en bas du classement des pays de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière de dépenses consacrées aux familles. En Pologne, 400 000 enfants vivent sous le seuil de pauvreté.
«Nous observons de nombreux signes d’une crise de la famille en Pologne, notamment le déclin démographique et l’énorme quantité de mariages ratés», ont déclaré les membres de la commission. «Cette commémoration de l’appel d’août 1980 ne saurait être crédible, à moins qu’il ne se réalise dans la sphère familiale également.»
La Pologne a connu une forte augmentation de son PIB au cours des deux décennies qui ont suivi la fin de la période communiste, la plaçant en 6e place des économies de l’UE. Il s’agit par ailleurs du seul pays membre à avoir évité la récession en 2009.
Un rapport publié en janvier par l’agence Eurostat indique cependant qu’un tiers des citoyens de la Pologne vivent sous le seuil de pauvreté et que le pays a l’un des plus forts ratios de «travailleurs pauvres», ces personnes qui ont un emploi sans toutefois être en mesure de nourrir ni de vêtir leurs enfants.
Le taux de fécondité de la Pologne est l’un des plus bas en Europe, 90% des grandes familles vivant actuellement sous le seuil de pauvreté, alors qu’elles n’étaient qu’un tiers en 1989. Dans un rapport de 2009, la principale agence statistique du pays a affirmé que la négligence du gouvernement pourrait contribuer à un déclin de 20% de la population au cours du prochain quart de siècle. (apic/eni/pr)




