Egypte : La tension est retombée entre musulmans et chrétiens coptes
Des propos malveillants d’un évêque copte ont failli dégénérer
Le Caire, 3 octobre 2010 (Apic) Des propos malveillants d’un évêque copte d’Egypte sur l’Islam ont suscité la semaine dernière une vive tension religieuse dans le pays, souvent secoué par des troubles entre musulmans et chrétiens coptes. La tension est maintenant retombée. Le pape Shenouda III, la plus haute autorité de l’Eglise copte du pays, s’est vu obliger de présenter ses excuses aux musulmans pour ces propos, alors que le cheikh d’Al-Azahar, autorité suprême de l’Islam sunnite, les a qualifiés «d’irresponsables».
Selon l’Agence France presse (AFP) et de nombreux sites autres sites d’information, lors d’une réunion avec l’ambassadeur d’Egypte à Chypre, Mgr Bishoy, secrétaire du Saint-Synode, avait déclaré qu’il croyait que «certains versets, en contradiction avec la foi chrétienne, avaient été ajoutés après la mort de Mahomet par l’un de ses successeurs».
La communauté musulmane égyptienne s’est sentie offusquée par ces déclarations, qui, selon l’évêque Bishoy sont mal comprises. «C’était une question de savoir si des versets du Coran ont été insérés après la mort du prophète, mais non pas une critique», a-t-il précisé plus tard, pour apaiser la colère des musulmans. «C’est simplement une question, à propos d’un certain verset qui, je crois, est en contradiction avec la foi chrétienne», a-t-il ajouté, cité par le quotidien al-Masri al-Youm. «Je ne comprends pas comment cela a pu se transformer en une critique contre l’islam» s’est-il aussi interrogé.
Danger pour l’unité nationale
Cette assurance n’a pas suffit pour calmer les esprits. Le chef de la prestigieuse institution sunnite d’Al-Azhar, au Caire, le cheikh Ahmed al-Tayyeb, a jugé «irresponsables» les propos de Mgr Bishoy. Dans un communiqué, rapporté par l’AFP, enfin de semaine dernière, il s’est dit choqué par les propos de l’évêque copte, soulignant que «ce genre de comportement est irresponsable et menace l’unité nationale à un moment où il est vital de la protéger». Il a mis en garde contre «les répercussions que ce genre de déclarations peut avoir parmi les musulmans en Egypte et à l’étranger».
Des dizaines de musulmans ont aussi manifesté, le 26 septembre, à la sortie d’une mosquée du Caire pour protester contre les propos de l’évêque copte.
Le patriarche de l’Eglise copte d’Egypte, Shenouda III, s’est déclaré «désolé» que les musulmans égyptiens aient été heurtés par les propos d’un évêque. Il leur a présenté ses excuses, rappelant que «l’amour entre coptes et musulmans ne saurait laisser de la place à des divisions entre eux (…)».
Pour lui, «l’Egypte est un pays de paix qui prêchait la paix au Moyen-Orient et doit jouir de cette paix». «Chrétiens et musulmans sont les fils d’une même nation», a-t-il poursuivi à la télévision nationale égyptienne, tout faisant remarquer qu’il faut toujours chercher un moyen d’apaiser toute tension dans le pays. (apic/ibc/js)




