Genève : L’abbé Alain-René Arbez expose les enjeux du dialogue judéo-chrétien, de Vatican II à nos jours

« L’alliance de Dieu avec Israël est une alliance jamais révoquée »

Genève, 15 octobre 2010 (Apic) Le christianisme doit redécouvrir ses racines hébraïques, déclare l’abbé Alain-René Arbez, dans une conférence sur le dialogue judéo-chrétien, donnée jeudi soir à la paroisse Saint Nicolas à Genève, devant une cinquantaine d’intéressés. Cette démarche – passage obligé vers l’œcuménisme – est nécessaire à l’approfondissement de la foi chrétienne, a-t-il insisté.

L’abbé Arbez est intervenu en tant que délégué de l’Eglise catholique romaine aux relations avec le Judaïsme. Le ton du dialogue est donné : à sa droite, la Menorah (chandelier à sept branches des Hébreux) et à sa gauche un Crucifix. Avant de présenter la position du Magistère de l’Eglise, il a fallu déjouer les idées reçues.

D’Israël à l’Eglise

Le fossé séparant les juifs rabbiniques des juifs messianiques s’est creusé entre le Ier et le IIIe siècle, a-t-il mentionné. La rupture fut ensuite radicale et violente. A la suite des tensions entre les communautés juives, les chrétiens ont substitué Israël par l’Eglise. Cette manière de penser a perduré jusqu’à Auschwitz.

« Vous êtes nos frères aînés ! »

Avec le Concile Vatican II, les catholiques redécouvrent leurs racines. L’Ancien Testament n’était alors lu qu’aux vigiles pascales. Alors que la réforme liturgique propose désormais une lecture quotidienne. La traduction de la Bible dans la langue vernaculaire a permis de valoriser la judéité de Jésus, né et mort juif, selon l’abbé Arbez.

Pour lui, le pape Jean Paul II est l’auteur du véritable coup d’accélérateur dans les relations judéo-chrétiennes. Jamais, lors de ses voyages, il n’oublia de visiter les communautés juives locales. Il n’a cessé de rappeler que « l’alliance de Dieu avec Israël est une alliance jamais révoquée », ou encore que les juifs sont « nos frères aînés. » Aujourd’hui, Benoît XVI poursuit l’effort de son prédécesseur.

L’abbé Arbez espère que cette 1ère conférence marque le début d’un cycle d’approfondissement sur ce thème. Il peut compter sur l’appui et la collaboration du professeur Paul Fenton, directeur des études juives en Sorbonne. (apic/com/ggc)

15 octobre 2010 | 12:12
par webmaster@kath.ch
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